Danse
Nypsi Hope : l’aventure hip hop à Latitudes contemporaines

Nypsi Hope : l’aventure hip hop à Latitudes contemporaines

09 juin 2022 | PAR Capucine De Montaudry

Nipsy Hopes, ce sont cinq jeunes, leur public et de la musique hip hop. Une création collective nous est offerte pour l’ouverture du festival, avec des moments de freestyle où chacun est amené à exprimer son identité corporelle. 

La toute première représentation du festival Latitudes contemporaines est le résultat de trente heures d’atelier menées par Solen Athanassopoulos (chorégraphe) et Camille Cottalorda (costumière), avec cinq jeunes accompagnés par l’ALEFPA (Association Laïque pour l’Éducation, la Formation, la Prévention et l’Autonomie). 

Performance de cinq talents bruts 

Un rideau orangé cache aux spectateurs les coulisses de la scène. Les cinq danseurs se faufilent. Ils sont vêtus d’une cape noire et mauve, leurs visages sont soustraits aux regards. Ils interprètent plusieurs morceaux. Lors du premier, la musique est méditative. Il se passe comme un rituel d’initiation au cours duquel ils tentent le collectif et font corps. Puis les rythmes hip hop emplissent la salle et ils dansent ensemble, en rythme. 

Ensuite chacun présente un feestyle : ils ont tous leur style et leur personnalité, mais partagent un regard dur. Quelque chose de brut se tient sous nos yeux. Leurs costumes se singularisent sous la cape. Ils sont dans un face, presque une confrontation avec le public ; la culture hip hop qui imprègne leurs mouvements renforce cette impression. 

Au terme de leurs performances, ils invitent quelques spectateurs sur la scène, puis la chorégraphe Solen Athanassopoulos et la costumière Camille Cottalorda. Une convivialité magique s’installe. Le spectacle s’achève par un salut : chacun mime ses remerciements au public, en rythme, et témoigne d’une grande reconnaissance. 

Une aventure chorégraphique 

Le travail mené au cours des ateliers consistait à laisser chacun développer et exprimer sa propre personnalité à travers la danse. La conception des costumes s’inscrivait dans ce mouvement. Au départ au nombre de douze, ces danseurs en graine effectuaient des exercices avec Solen Athanassopoulos. À l’issue des séances, la chorégraphe les invitait à dessiner pour exprimer ce qu’ils avaient ressenti. Il s’agissait d’un premier pas vers la conception des costumes. 

Ce travail a été effectué avec Camille Cottalorda, qui travaille essentiellement sur la récupération. Le but des costumes étaient de prolonger l’expression de soi, de son identité. Ils sont allés ensemble à Emmaüs pour faire le choix des vêtements et elle a ensuite conçu chaque costume, à l’aide de chacun. « Le but était que ce soit leur spectacle, nous leur donnions seulement les outils », déclarent Solen Athanassopoulos et Camille Cottalorda. Il s’agissait de leur faire découvrir l’univers du hip hop et du rap, un langage à travers lequel s’exprimer. « Ils ont construit leur personnage à travers ce travail. Alors qu’au départ ils étaient très timide, ce travail et cette représentation leur a permis de s’ouvrir : au terme de la représentation, nous avons parlé de spiritualité, de voyage, de perspective de vivre… L’une et l’autre, c’est comme ça que nous nous sommes retrouvées. La danse est un moyen d’expression, plus puissant que les mots. Et dans le costume il s’agit de réussir à créer un univers et libérer quelque chose, comme une carapace qui permet de sortir quelque chose de soi. Il faut avoir ces choses qui nous protègent pour pouvoir libérer quelque chose à l’intérieur. » 

Visuel : Camille Cottalorda, Solen Athanassopoulos et les cinq danseurs à l’issue du spectacle, © Capucine de Montaudry

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