Danse

« Nach » nous invite dans sa « Cellule » enragée et personnelle aux Hivernales

« Nach » nous invite dans sa « Cellule » enragée et personnelle aux Hivernales

10 février 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ce samedi 9 février, la 41e édition du festival du Centre de Développement Chorégraphique National Avignonnais offrait un programme qui reflétait toute la diversité de la danse. L’après-midi s’est ouverte avec la Krumpeuse Nach. Autant dire, un uppercut !

 

Nach est à tous les postes pour Cellule qui est déjà pour elle une pièce d’une autre époque. En 2017, elle signe et danse ce premier spectacle qui, même si il est passé par l’Etoile du Nord et June Events, est resté assez confidentiel. C’est donc une chance de le voir dans ce festival qui a de plus en plus une résonance bien au-delà du territoire.

Tout commence de façon assez étouffante. Sur des grands panneaux noirs sont projetés des images de rue. On apprendra lors du très utile « bord de plateau » que les Hivernales affectionnent, que ces images ont été filmées avec son téléphone. On y voit les spectateurs d’une session de krump. Rappelons rapidement que le Krump, danse popularisé par (La)Horde et Clement Cogitore est une danse de rue née à Los Angeles dans les années 2000. Cette danse évacue la rage de façon non violente mais avec une gestuelle agressive.

Ensuite, dans le bruit tonitruant de cette rue, elle se dégage de son ombre, dans la pénombre, et balance un corps ultra féminin enserré dans des postures masculines. Elle envoie les dents, visage serré et les bras se plient de colère. Elle s’éclaire volontiers de quelques néons ou, idée magistrale, de son téléphone seul, devenu lampadaire d’une ruelle coupe-gorge. 

La pièce nous raconte sa mutation en cours. Elle qui vient de la rue avoue « faire de moins en moins de battle ». Elle amène le krump vers plus de douceur, en le mixant avec le butô, le voguing, la danse africaine. Le mélange détonne et les hanches roulent.  Pourtant le lien est clair entre toutes les danses qu’elle convoque, à chaque fois, le visage a une expression très particulière. Elle dit « Mettre le corps à mal par bien être ». Ça, c’était le début.. « puis vouloir autre chose », ça c’est maintenant. 

Cellule est une première approche d’une danseuse ovni, qui a une puissance troublante associée à une féminité toute douce.  A suivre !

 

 

A voir les  8 & 9 mars à la Maison de la danse de Lyon

Visuel: ©Marck Maborough

[BERLINALE] « Systemsprenger » de Nora Fingscheidt, film d’une beauté explosive
Ralph 2.0 : Disney à la conquête de l’Internet
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *