Danse

Meg Stuart de retour à Beaubourg avec BLESSED

Meg Stuart de retour à Beaubourg avec BLESSED

08 février 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le travail que Les spectacles vivants du Centre Pompidou font pour la diffusion de la danse américaine est juste fou. Après DD Dorvillier et Daniel Linehan, c’est au tour de Meg Stuart de retrouver le plateau pour un solo offert à Francisco Camacho. 

Meg Stuart est bien connue des services, ses pièces ont été présentées au Festival d’Automme comme à la Ménagerie de Verre. Elle retrouve le beau plateau de la Grande Salle avec BLESSED, une pièce de 2007 qu’elle a repensé pour sa recréation. Seul en scène (ou presque), Francisco Camacho est légèrement macho, tout en blanc, dans un décor de paradis en carton, il roule des mécaniques avec le déhanché d’un champion de marche rapide. Puis vient la pluie qui va tout exploser. Exit palmier, cygne et maison. Tout était fragile, rien n’avait de sens.

Alors, il faut survivre. La pièce est ultra figurative et dénote complètement avec les deux chorégraphes dont le travail a été vu dans le même lieu le mois dernier. Une histoire est racontée, renforcée par la musique illustrative de Hahn Rowe. Néanmoins,  la performance du danseur est juste dingue. En Noé réincarné, il se sauve des eaux comme il peut, noyé sous l’émotion de tant d’incapacité à agir contre les éléments. Il pleut non stop sur le plateau, et les éclaircies ne sont que de courts répits.

Alors, il tripe, de la même façon que dans le désert, il  hallucine. Voit une danseuse de carnaval de Rio (impressionnante Kotomi Nishiwaki), joue les stars que l’on habille (Abraham Hurtado est merveilleusement troublant en manipulateur de vêtements) et l’on sait désormais qu’il finira là, sur cette île qui n’a plus rien d’un paradis.
La pièce est née après le passage le 29 août 2005 de l’ouragan Katrina dans la ville natale de Meg Stuart. La direction chorégraphique tient presque de la contorsion. Elle étire son danseur dans ses côtes,  il deviendra un cloporte presque rampant, accablé. Ce que subit Francisco Camacho pendant 1H20 est d’une violence inouïe, totalement adouci, étonnement, par l’image hypnotique de ce déluge infini.

Visuel :
BLESSED, Meg Stuart, Damaged Goods & Eira © Chris Van der Burght

Infos pratiques

Les Cygnes
Théâtre du Palais Royal
centrepompidou

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