Danse

Mark Tompkins fait passer le casting au Paradise Garage, c’est « Showtime » !

Mark Tompkins fait passer le casting au Paradise Garage, c’est « Showtime » !

15 janvier 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le plus frenchie des chorégraphes américains continue d’explorer la question du genre dans des mises en abîme de spectacles. Après Black n’Blues et Opening Night, il clôt sa trilogie en  appliquant la même recette à l’Europe.  Vous rêverez de passer le casting un peu cheap de Showtime, l’émission qui vous donne les clés du Paradise Garage, en direct du plateau du Théâtre Paris Villette nouvelle mouture. 

[rating=5]

Tompkins aime l’exercice de l’audition. On y est voyeur, méprisant, moqueur et parfois touché par la grâce. Comme dans tout show télévisé très actuel, les candidats sont passés au crible devant un jury intraitable composé de Gladys (Isnelle da Silveira), la patronne afro du Paradise Garage, Jimmy (Mathieu Grenier), le pianiste/chanteur/danseur ultra gay et ultra sexy et Mark Tompkins dans son propre rôle, singé ici en vieux chantre sourd de la danse contemporaine des années 70.
Entre Mike et Nicole (Hortense Belhôte) les illusionnistes, les mini-marseillaises voilées fans de lady Gaga, Eric (Vincent Dissez), le performeur au ballon argenté qui touchera le jury en plein cœur, Elisabeth (Laurène Magnani), la chanteuse catho et Terry (Darryl Woods), le cygne noir en personne, le choix est parfois drôle, parfois dur. On se laisse prendre d’entrée de jeu bien conscient qu’avec Tompkins ça ne peut pas s’arrêter là.

Dans un tourbillon que l’on ne maîtrise pas et qui nous emporte, on circule du casting aux répétitions pour arriver au spectacle. On accède aux coulisses qui nous délivrent dans un vaudeville à l’américaine toutes sortes d’occasions de rire grassement aux éclats. Tompkins sait calmer l’affaire quand il faut, ne glissant jamais dans le vulgaire. Comment le pourrait-il ? Les interprètes ici présents regorgent de talent, tous, danseurs, acteurs, chanteurs répètent jusqu’à l’épuisement.

La farce donne l’occasion de mélanger les genres, ici, les filles embrassent les filles, et les garçons sont forts maniérés. Dans des costumes époustouflants issus des collections du Casino de Paris et des Folies Bergères ils déploient toutes les facettes du reflet de la gloire.  Du miroir bas de gamme en passant par la boule à facette, la magie des paillettes vient opérer doucement pour éclater dans un bouquet final de chansons aux textes, et là il vient puiser directement dans les spectacles de transformistes, plus désespérés que le rythme laisse le croire. Tango ou Slow, Rock ou Pop, tous les styles sont bons  pour faire passer des messages à double entrée.

« Dear Glady’s, what’s the score ? Tired of pacin’ this old floor. Tired of livin’like a whore. I can give you so much more.
Let’s do it, Let’s make en a show ! A musical with song and dance. A comedy with smiles and laughs. A tragedy with tears et and trance (…) ». C’est ainsi que le spectacle commence (ou presque), par cette chanson truculente qui mêle insulte et bonne humeur et ce programme là est respecté dans un éclat de générosité.

Showtime, a musical est un pur spectacle, qui sous couvert de divertissement vient interroger une course à la réussite qui interroge la relation posée au corps.

C’est parfait…. et tellement drôle !

Visuels : © Raoul Gilibert

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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