Danse
Maqoma et Cherkaoui aux Abbesses

Maqoma et Cherkaoui aux Abbesses

22 juin 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Les chorégraphes Gregory Maqoma et Sidi Larbi Cherkaoui présentent jusqu’au 29 juin au Théâtre des Abbesses leur dernière création, Southern Bound Comfort. Avec la danseuse Shanell Winlock, ils forment un trio surprenant.

Adeptes de l’échange, véritables moteurs du processus créatif, Gregory Maqoma et Sidi Larbi Cherkaoui ont en commun quelques traits spécifiques à leur génération : le nomadisme et la fluidité des fonctions au sein d’une équipe, de danseur à chorégraphe. Sidi Larbi Cherkaoui est entré dans la danse contemporaine par le biais de la danse disco et des Play-Back Show en Belgique ; Gregory Maqoma par celui du moonwalk de Michaël Jackson dans le township de Soweto. Ce lien intime avec la culture populaire, loin d’être rejeté, accompagne depuis toujours leurs parcours d’interprètes et de chorégraphes. Il est le cadre où s’expriment les antagonismes et les contradictions de sociétés contrastées dans un monde globalisé. Tous deux se sont rencontrés à P.A.R.T.S en 2001, l’école de danse d’Anne-Teresa de Keersmaeker, où la danseuse Shanell Winlock venue de Johannesburg, étudiait elle aussi. Elle a depuis rejoint à Londres la compagnie d’Akram Khan.

La rencontre artistique de ce trio se présente sous la forme de deux duos : Southern Comfort, un regard incisif et drôle sur les rapports entre deux êtres, et Bound, un pas de deux qui s’interroge sur le lien, l’attachement et le nœud qui se forme et se défait. Les deux duos s’enchaînent dans un mouvement de continuité. Le second est comme une suite et un développement du premier. Pour Bound (Attaché), Cherkaoui s’est intéressé à la corde – les guindes dans le vocabulaire du théâtre – et à son mouvement. Des formes sont créées sur scène : des arbres se dressent, des gibets pendent, des jardins japonais se dessinent au sol. La danseuse est à la fois manipulée et manipulatrice.

Southern Comfort est plus dansé. Les danses tribales d’Akram Khan ne sont pas loin. L’Afrique du sud non plus. Les deux danseurs s’inscrivent dans une dialectique et un rapport maître/élève. Shanell Winlock excelle dans son rôle de professeur autoritaire tandis que Gregory Maqoma vibre sous les pulsions rythmiques d’un tam-tam déchaîné. La danse semble se créer sous les yeux du spectateur qui assiste aux dernières répétitions d’un duo qui tente de synchroniser ses pas. Dans la deuxième création, le pas de deux de Cherkaoui permet aux deux danseurs d’entrer en totale symbiose. Ainsi, les deux créations ne font qu’une. Celle de deux êtres qui tâtonnent, se cherchent et se retrouvent, reliés par un lien indestructible, noués par la danse du mouvement.

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