Danse

Malandain est Magifique !

12 février 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Pendant trois jours, Thierry Malandain a enchanté le Théâtre national de Chaillot avec sa nouvelle création, Magifique. En s’emparant des trois suites pour orchestre de Tchaïkovski, le chorégraphe revisite les ballets incontournables du compositeur ; Casse-noisette, Le Lac des cygnes et La Belle au bois dormant n’ont jamais été aussi actuels. Du sur mesure qui porte une parfaite maîtrise gestuelle et un sens de l’illusion sans pareil.

Depuis 1997, Thierry Malandain dirige le Centre chorégraphique contemporain de style classique de Biarritz. Parmi les chorégraphes français à qui l’on prête la plus grande proximité avec la danse classique, il sait déjouer les codes tout en conservant une maîtrise technique. En abordant les mythes absolus du ballet que sont les grandes partitions de Tchaïkovski chorégraphiées par Marius Petipa, il se lance un défi, relevé avec brio : redonner un souffle nouveau à des morceaux déjà maintes fois revisités.

Œuvre personnelle et intime, Magifique est présentée par son chorégraphe comme une « autobiographie dansante ». L’enfance y est omniprésente symbolisant la « fascination d’un gamin qui devient chorégraphe ». Rêve, onirisme, merveilleux, le monde enchanteur des ballets classiques ressurgit, éblouissant un spectateur charmé. Bien que les partitions de Tchaïkovski suffisent à bercer l’oreille, le spectacle qu’offre Thierry Malandain parvient à se hisser à la hauteur de ces légendes musicales.

Sur scène, le décor est épuré, de larges miroirs évoquent la salle de danse, deux alter ego y figurent, l’un, adulte devenu, l’autre, enfant demeurant. Revêtus de collants chair, tous chaussés de demi-pointes, les danseurs s’élancent dans une danse modelée sur mesure, en totale symbiose avec les partitions du compositeur russe. Au cours de ce voyage à travers les épisodes musicaux des trois ballets, des choses absurdes, drôles et fantaisistes se déploient, comme lorsque le célébrissime pas de quatre du Lac des cygnes est interprété par des hommes déjouant la chorégraphie de Petipa. Tandis que le prince Siegfried est habituellement incarné par de jeunes angelots blonds, naïfs et innocents, ici, c’est le très grand et très fort Frederik Deberdt qui charme ces dames. Son corps sculptural redonne de la virilité à cet éternel candide.

Thierry Malandain est parvenu à trouver un parfait équilibre entre la gestuelle classique et l’esprit contemporain qui renouvelle le passé sans jamais totalement l’occulter. Il propose de redécouvrir les plus belles partitions de la musique classique avec amusement et magie. La qualité de ses danseurs alliée à l’originalité de sa démarche font de ce ballet un magifique émerveillement.

Pour consulter la programmation du Théâtre national de Chaillot, c’est ici

Pour plus d’informations sur le Malandain Ballet de Biarritz, c’est ici

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Alienor de Foucaud

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