Danse
L’opening night d’Olivia Grandville en ouverture de l’Etrange Cargo

L’opening night d’Olivia Grandville en ouverture de l’Etrange Cargo

19 mars 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Oliva Grandville est une grande dame, fille de Léone Nogadère, comédienne qui au début de sa carrière a joué sous la direction de Jean Vilar au Festival d’Avignon, elle a claqué la porte de l’Opéra de Paris pour danser contemporain avec le regretté Bagouet. Que ce soit avec Une semaine d’art en Avignon, le Cabaret discréditant, ou plus récemment Cinq Ryoanji, elle surprend à chaque fois en se trouvant là où on ne l’attend pas. Avec Le grand jeu elle signe un étrange hommage au cinéma en général et aux héroïnes de Cassavetes, normal, cela se passe en ouverture du festival l’Étrange Cargo de la Ménagerie de Verre, dont la ligne programmatique est « Une approche transdisciplinaire du spectacle vivant »… et du cinéma aussi !

[rating=3]

Le plateau est rouge, comme les nombreux tapis que Gena Rowlands a foulé dans sa vie. Rouge aussi comme le rideau que Myrtle Gordon doit ouvrir dans Opening nigth qui est ici le fil conducteur du spectacle. Le film raconte l’histoire d’une star qui assiste à la mort par accident d’une de ses admiratrices, remonter sur scène après le drame est une douleur immense. C’est par cette œuvre, peut-être la plus connue de Cassavetes qu’Oliva Grandville commence et finit.  Elle nous livre, par le costume, la voix et le corps, toute la filmographie de l’américain, par le prisme de son épouse. Gena Rowlands a joué les putes dans Faces, Mabel Longhetti dans Une femme sous influences et bien sur Myrtle Gordon dans Opening Night.

Olvia Grandville est une syphilide ultra chic. Petite blouse en soie noire, jupe orange juste au-dessus du genou. Elle incarne ce que jouer veut dire avec un certain gout pour l’aventure. Le spectacle fait sens bien qu’il faille prendre le temps d’entrer dans les plans larges de cette réalisation sublimée par la lumière reconnaissable entre toutes d’Yves Godin qui provoque le jour et la nuit comme un dieu.

Elle danse avec hâte, casse ses chevilles et ses bras pour courir, s’arrêter, reprendre dans une course où elle est poursuivie par ses démons. Elle virevolte avec rapidité dans un geste festif qui rappelle que jouer est une joie. Il est très surprenant de la découvrir actrice plus que danseuse dans ce spectacle où elle tente de sortir Le grand jeu : manteau de fourrure, talons hauts, lunettes noires.

Mais n’est pas star qui veut et on regrette un temps d’amorce trop long. C’est quand elle danse les films, glissant presque dans du mime, poings retournés, coups de pieds au sol, que l’on se prend au jeu et le spectacle vaut la peine, de par son idée et par sa réalisation audacieuse.

Visuel :©(c) Dominique Libert

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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