Danse
Les variations Hip hop d’Amala Dianor à Faits d’Hiver

Les variations Hip hop d’Amala Dianor à Faits d’Hiver

26 janvier 2022 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’élégant et fluide danseur propose au Théâtre de la Ville, dans le cadre du festival Faits d’Hiver, un joli programme divertissant fait de deux courts spectacles : Wo-Man et Point Zero. 

Wo-Man est la transmission au féminin du solo Man-Rec d’Amala Dianor. Point Zéro est comme une soirée entre amis, une tendre envie de se retrouver après 25 ans d’absence.

Nangaline Gomis arrive tout en bleu, crop top et baggy chic. Au féminin la danse devient une quête des origines, où tout commence par la cambrure du dos, comme un envol, pour ensuite dissocier le bassin ou les pieds dans des glissements et des accélérations folles. La danseuse est éblouissante.

Malheureusement l’écriture de la lumière et de la musique ne font que souligner le geste. La pièce perd alors en contemporanéité et en force. La puissance de la danse est comme asséchée par la composition d’Awir Léon et la lumière trop littérale de Nicolas Tallec, quand par exemple, un halo doré accompagne une boucle douce, cela la rend évidente. Dommage.

Dans une transition qui se voudrait peut-être expérimentale, le deuxième spectacle est plus une tentative qu’une pièce définitive. Et pour cause, il s’agit de danser sur de la musique créée en direct sur un pad vertical. Et pour cause, l’idée de Point zero, du nom du point de départ des routes de France, devant Notre Dame de Paris, est un retour aux origines.

Amala Dianor, Johanna Faye et Mathias Rassin se retrouvent. Tous les trois ont des carrières et des écritures chorégraphiques différentes. Johanna Faye par exemple dirige avec le collectif FAIR-E le CCN de Rennes. Amala Dianor danse et chorgégraphie, Mathias Rassin est champion du monde de top-rock !

L’objectif de cette expérience est de voir s’ils savent encore, s’ils peuvent encore s’écouter, se défier en battle. La réponse est oui. Ils s’amusent beaucoup à décortiquer le corps, à le sectionner. Les temps sont marqués selon la grammaire hip hop contemporaine. Amala est toujours aussi léger, Johanna engagée et Mathias solide.

C’est donc une belle opportunité qu’offre Faits d’Hiver de voir des danseurs aux capacités de corps superbes. Voir Amala Dianor étirer et tordre son corps comme un nuage est toujours un événement. Néanmoins, l’écriture ne vient jamais questionner la présence d’un geste. Au delà de la recherche de beauté, cela donne une démonstration, agréable par moments, qui ne déplace pas notre vision de spectateurs et spectatrices.

Amala Dianor – Point zéro et Wo-man, jusqu’au 29/01 à 20h, 27/01 à 14h30 Théâtre de la Ville – Les Abbesses (Paris 18e) 

Photo © Romain Tissot

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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