Danse
L’énergie enivrante d’Akzak a investi la MAC de Créteil

L’énergie enivrante d’Akzak a investi la MAC de Créteil

11 février 2021 | PAR Yaël Hirsch

Les 12 danseurs et le percussionniste Xavier Desandre Navarre ne s’étaient plus réunis tous sur scène depuis la création d’Akzak par Héla Fattoumi et Éric Lamoureux depuis les Francophonies en septembre (lire notre article). Une des trois dates de la MAC de Créteil a été conservée pour les pros ce 10 février : un rappel percutant à la vraie vie.

Quel bonheur de traverser l’esplanade enneigée de la MAC de Créteil pour se retrouver avec quelques autres professionnels de la culture et découvrir après notre collègue Chloé Coppalle cet automne, la création d’Héla Fattoumi et Éric Lamoureux et sa circulation entre France, Tunisie, Maroc et Burkina Faso. Sur scène, le génial percussionniste Xavier Desandre Navarre se met en place, mais dans le noir, à peine voilés/révélés par un projecteur promené en route, ce sont les pas des danseurs étouffés par le sable qui donnent le la.

Akzak vient d’un terme turc et signifie « à contretemps » dans la musique ottomane. Et dès les première notes jouées par les pieds, les corps qui se répondent, ce contretemps nous rappelle à ce que c’est de produire physiquement ensemble. La lumière grandit, aux percussions qui montent avec elle, Xavier Desandre Navarre sourit aux anges. Les 12 danseurs se passent un bâton bleu et s’annoncent les uns les autres par leur prénom, comme pour une battle et un salut de présentation et puis l’ensemble reprend ses droits, les corps continuent de vibrer comme des percussion et ça danse, ça danse vraiment et cela nous emporte dans une ivresse et une joie immenses. Des petits groupes se reforment, la lumière baisse jusqu’à la pénombre et les projecteurs se multiplient pour créer des chorégraphies de lumière géométrique. Puis se sont les bâtons qui arrivent en nombre pour relier entre eux dans une ronde qui jette des ponts entre les styles et les muscles.

L’intensité arrive à son apogée quand Xavier Desandre Navarre quitte son instrument et se lance lui aussi à corps perdu parmi les danseurs. Battus pat les bâtons de couleurs, tous les membres des danseurs se mettent à vibrer dans un unisson qui est probablement le contretemps ultime. Le public vibre aussi et bat la mesure lors d’applaudissement qui lui permettent de rejoindre cette communion et cette traversée des écrans et des différences. Un superbe moment de danse et d’être ensemble qui vient nous nourrir aujourd’hui plus que jamais. Pour lire notre interview de Héla Fattoumi et Éric Lamoureux, c’est ici.

AKZAK, l’impatience d’une jeunesse reliée – Teaser from Viadanse – Fattoumi/Lamoureux on Vimeo.

Akzak, l’impatience d’une jeunesse reliée, de Héla Fattoumi et Éric Lamoureux, VIADANSE, avec percussions : Xavier Desandre Navarre / Danse : Sarath Amarasingam, Juliette Bouissou, Meriem Bouajaja, Mohamed Chniti, Chourouk El Mahati, Mohamed Fouad, Adama Gnissi, Moad Haddadi, Synda Jebali, Mohamed Lamqayssi, Fatou Traoré/Johanna Mandonnet, Angela Vanoni. UN projet est labellisé Africa 2020 par l’Institut français.

Visuel (c) Laurent Philippe

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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