Danse

Le « Printemps » sacré de Mark Tompkins

Le « Printemps » sacré de Mark Tompkins

19 mai 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Tompkins est passé à autre chose. Après sa trilogie composée d’Opening Night, a vaudeville, dont on vous louait déjà les mérites en 2013, Black n’Blues et ShowTime il revient sur le Printemps Arabe en prenant comme fil conducteur les images d’une femme fantasmée.

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Lorsque la Kamilya Jubran, joueuse de Oud et chanteuse palestinienne, entre sur le plateau où un cube noir trône, on doute. Encore plus quand une guerrière bariolée et en maillot de foot s’empare de lance aux bouts en tissus. Pourtant très vite, le « Printemps » prend et les images deviennent de fortes paroles. Elles seront quatre, Kamilya Jubran, Silvia Di Rienzo, Anna Gaïotti, Ananda Montange, chacune différente, que ce soit dans le corps ou dans le physique. Musicienne, actrice, danseuse ou performeuse Elles sont quatre et elles sont déjà la pluralité, l’effacement d’une théorie fumeuse qui voudrait essentialiser « Une » femme.
Tompkins ose tout. Repenser les derviches tourneurs dans un strip tease magnifique, refaire vivre un pèlerinage dans une mini Mecque, nous emmener au Harrem.

Pour dire les imaginaires et les fantasmes, il passe par le vêtement. Il y aura des voiles intégraux qui s’opposeront dans une bataille à la Star Wars. Il y aura des foulards qui couvriront les visages. Les symboles une fois là, il les matraque et fait danser les filles dans une anti-sensualité, le bassin plutôt serré, les corps partant en arrière, les genoux se tordant, particulièrement sur talons très haut. Elles sont ultra-street agrégeant sur elles des leggins bariolés, des casquettes et autres maillots de sport. Comme toujours chez Tompkins, on se marre, ici moins que d’habitude, car le spectacle se fait très politique. Les voiles se dévoilent, les militantes le sont par le port de fringues masculines. Elles ont ici des armes, et s’en couvrent. Elles sont siglées de marques américaines et ces filles-là auraient leur place dans un girl band hip-hop.

Présenté dans le cadre du Festival Les Rencontres Chorégraphiques de Seine Saint Denis.

Visuel : ©Gilles Toutevoix

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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