Danse
Le génie chorégraphique de Francesca Pennini est à voir en urgence au T2G

Le génie chorégraphique de Francesca Pennini est à voir en urgence au T2G

16 mai 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Nous vous le disions, le Théâtre de Gennevilliers a la bonne idée ces jours-ci d’offrir à son public un focus sur la danse contemporaine italienne. Et on tient LA BOMBE.  Elle s’appelle Francesca Pennini et nous explique avec 10 miniballetti ce que danser veut dire. Allez-y, cela se donne seulement ce soir et demain. 

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Elle n’est pas une débutante, loin de là. En 2007 elle fonde Collettivo Cinetico, un collectif de chorégraphes. Et sa pièce, 10 miniballetti a été repérée dans le top 20 de la sélection 2016 Aerowaves.

Sur scène un ventilateur qui tourne sans soulever la masse de plumes qui s’entasse devant lui. Elle, en académique rouge et chaussettes de sport respire. En 6, en 4 temps, devant vous, assise sur vous. La base de la danse et d’abord de respirer.  Prendre une lente inspiration même, pour se mettre en condition préparatoire au mouvement.

Ce que nous raconte Pennini c’est  une histoire de la danse.  Non pas « encore une fois ! », une nouvelle fois.  Cette histoire-là est très personnelle car elle est autobiographique. Enfant, elle écrivait ses chorégraphies sur un carnet. Aujourd’hui elle les danse. Evidemment rien de figuratif ni de joli ici. Elle est à la quête du corps, de ses recoins et des limites.

Effort et asphyxie.

Elle annonce le programme. Il y aura de la rigueur, tout le temps. De l’exigence partout.  Elle explique « L’inertie », « La symétrie »,  avec une distance et un humour acide. Dans ses gestes qui empruntent autant au yoga qu’à la contorsion elle dit la très sensible notion d’interprétation. Une rupture dans la pièce,  qui efface la danse pour un ballet « mécanique » sur La Gazza Iadra de Rossini nous ramène toujours aux fondations. Est-ce que gamine, la très musclée Francesca rêvait de porter le tutu du lac des cygnes ? Peut-être, mais alors le noir à en voir la dernière scène. Et dans le goudron les plumes…

Faire beau est loin d’être sa préoccupation.  Elle invite toutes les références du ballet et de la pop. Cher et Purcell sur le même plateau. Britten et Romitelli ensemble pour dire qu’un pas identique  à l’autre change en fonction de l’intention qu’on lui donne.

L’évolution de la pièce est une leçon de style en soi. De l’apparition à la disparition elle sait faire spectacle dans une forme raide qui ne choisit par la route du trash, seulement celle du travail, cette question que l’on retrouve chez Charmatz ou Bel.  Elle cherche la ligne en héritière de Cunningham mais l’explose à sa façon.

Danser est un job et Francesca Pennini maîtrise.

Le Focus danse du T2G mettra sur scène du 18 au 20 les enfants de Romeo Castellucci pour Sleep Technique. A voir !

10 miniballetti, jusqu’au 17 mai au Théâtre de Gennevilliers.  Le 16 à 20H30, le 17 à 19H30 ( suivi de Sleep Technique à 20H30 )

Visuel : ©Luigi Gasparroni

 

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