Danse

Le convulsif Botero en Orient au Tarmac

Le convulsif Botero en Orient au Tarmac

21 février 2019 | PAR Lou Baudillon

Au Tarmac est présenté jusqu’à vendredi à 20h, Botero en Orient du chorégraphe Taoufiq Izeddiou, une vision convulsive du mouvement des corps hors codes inspirés par Fernando Botero où la beauté se révèle, inattendue, pour dénoncer l’horreur de la prison d’Abou Ghraib, aujourd’hui connue sous le nom de prison centrale de Bagdad.

Botero en Orient dénonce. Le projet, parti pour le chorégraphe Taoufiq Izeddiou de l’idée de représenter en danse contemporaine le corps opulent, est nourrit ainsi par les représentations des personnages du peintre colombien Fernando Botero. Quatre danseurs Essiane Kaisha, Karine Girard, Marouane Mezouar et Taoufiq Izeddiou, dont les corps remettent en question le canon normatif offrent une représentation brute et fragile à la fois, qui alterne entre hurlement et tendresse. Mais au delà des corps individualisés et montrés dans leur différence, c’est une masse qui se créée, et qui ainsi normalise cette apparence. 

La danse est ici un acte politique. Chercher « une autre danse » selon ces propres termes, revient pour Izeddiou à questionner les  cultures. L’oeuvre de Botero qui a le plus inspirée la chorégraphie reste le travail de celui-ci sur la prison de Abou Ghraib à Bagdad dont la représentation violente et indignée de l’enfer du lieu a donné le ton à de nombreuses images dansées de la pièce. « Au-delà du cri d’indignation sur Abou Ghraib, Botero nous alerte sur toutes les injustices et les horreurs de notre monde. Il questionne à la fois tortionnaire et torturé. Chacun de nous a son Abou Ghraib ! » nous dit le chorégraphe. En effet, Botero en Orient modèle un tableau vivant quasi palpable dont la brutalité et l’exaltation des mouvements investit l’espace avec générosité. Cette générosité est aussi un moyen de retourner aux cultures orientales et notamment arabes et des corps arabes : « En Orient, l’opulence n’est pas problématique, les rondeurs sont beauté et signe de prospérité, du moins c’est ainsi que je l’ai vécue dans mon enfance à Marrakech » confie Taoufiq Izeddiou. 

Après tout, « Le volume est une exaltation de la vie, de la sensualité. » disait Fernando Botero. 

 

 

Visuel : © Iris Verhoeyen

 

 

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Lou Baudillon

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