Danse

Le Ballet de l’Opéra National du Rhin chorégraphié par Lucinda Childs

18 avril 2010 | PAR Alienor de Foucaud

Au Théâtre de la Ville, Lucinda Childs invitait les spectateurs parisiens à découvrir sa nouvelle création pour le Ballet de l’Opéra National du Rhin, Songs from Before, et à redécouvrir Dance, ballet créé en 1979 et  repris par 17 danseurs de la compagnie. Une programmation toute en délectation, mêlant onirisme et poétique.

 

La première partie du ballet levait le voile sur la dernière création de Lucinda Childs, Songs from Before. 12 danseurs, 6 couples. Ou plutôt six duos qui se forment et se déforment, se trouvent, se séparent et se retrouvent dans une marche voluptueuse, immuable et imperturbable. Les formes sont dessinées et les corps modelés, sculptés comme s’ils habitaient le geste et le poursuivaient dans un mouvement continu et sans fin.

Ici, c’est la matière qui est travaillée, le corps du danseur devient le matériau de la chorégraphe, un objet que l’on façonne, et que l’on modèle. Lucinda Childs revient à l’essence même de la danse et du travail chorégraphique, opérant à un acte épiphanique de renaissance : le blanc immaculé de ces oiseaux de nuit, la sobriété et la simplicité de leur danse, et l’élégance de leur gestuelle fait de ce ballet une danse lisse qui glisse sur la musique.

La bande sonore de Max Richter (compositeur de la musique du film Valse avec Bachir) se déroule autour de morceaux de textes, de bribes de voix, tirées de romans d’Haruki Murakami et entonnées par le comédien Robert Wyatt, qui évoquent la confession d’un homme solitaire.

Pour la reprise de Dance, Lucinda Child a commandé à Sol LeWitt un film qui sert de décor à la pièce, mêlant le visuel à la représentation et jouant sur le phénomène de contigüité de l’œuvre qui ne cesse d’évoluer et d’être habitée par des danseurs en quête d’une danse éternelle que l’on ne peut fixer dans le temps.

Dance, c’est aussi la reprise d’un même thème, ici, le recommencement est au cœur de la création, rappelant la recrudescence du cycle de la vie, qui ne cesse de se renouveler. Un solo sans début ni fin déterminés, comme suspendu entre le son et le mouvement, fascine un spectateur au souffle coupé par une telle performance artistique.

La collaboration de Lucinda Childs, figure emblématique du mouvement minimaliste et chef de file de la danse post-moderne américaine, avec le Ballet de l’Opéra National du Rhin, permet de poser de façon vivante et contemporaine la question de la transmission, témoignant de l’immense richesse et variété de l’art majeur qu’est la danse.

Lucinda Childs au Théâtre de la Ville, 2 Place du Châtelet, Paris 4.

www.theatredelaville-paris.com

 

 

 

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