Danse

La vibration guerrière d’Hofesh Shechter

23 septembre 2010 | PAR La Rédaction

Par Didier Duplenne

Pour la 2ème fois cette année Hofesh Shechter, a surpris et impressionné.  Après « in your room » et « Uprising » présenté en février, le chorégraphe israélien basé à Londres a fait vibrer la salle du Théâtre de la Ville avec « Political Mother  » jusqu’au 25 septembre.

Vibration réelle, la structure en béton résonnant des 4 tambours, des 4 guitares électriques (placés en toile de fond), et des pas des 12 danseurs.  Le tout  « déchirait grave » : percussions limites oppressantes, guitares saturées, danseurs plus guerriers que ballerines. Comme dans les spectacles précédents, c’est un choc physique.

Ce bruit et cette fureur sont contrebalancés par un sens aigu de la composition scénique, par la précision des éclairages; on penserait à Bob Wilson si ce n’était cette fumée un peu sale, la fébrilité des danseurs, et la transpiration en plus.

Car la vie n’est pas douce dans les pièces du chorégraphe israélien (cause à effet ?) : on est victime couleur de poussière, bourreau en uniforme, adorateur en transe d’un dictateur hurlant. Mais le bourreau menaçant un couple d’un pistolet se transforme en danseur de samba quand les autres le rejoignent et que les tambours changent de rythme. Et comme le rythme change encore, ralentit, on s’enlace, on soupire, on s’abandonnerait presque…pas très longtemps.

Sur un parfait cercle de lumière les danseurs tournent, course chaotique, essoufflée, un peu désordonnée….puis forment une ronde presque enfantine.

C’est le thème annoncé de la pièce : qu’est-ce qui vient d’abord : la chorégraphie ou la musique ? Tout le spectacle est un constant va-et-vient entre le son et l’image, un permanent dialogue entre les musiciens et les danseurs. Rien n’est démonstratif, narratif, c’est un langage évocateur, puissamment impressionniste.

Là est le talent d’Hofesh Shechter : nous emmener, nous emporter même par le rythme, les sons et les images, par la puissance et la précision des danseurs. En quelques secondes, en un changement de tempo, passer de l’inquiétude à la légèreté. On gardera longtemps en mémoire la voix de Joni Mitchell qui clôt le spectacle.

On espère pouvoir découvrir très vite à Paris ces autres ballets.

Jusqu’au 25 septembre, 1ère catégorie 28€, 2ème catégorie 22€,  20H30, matinée supplémentaire  le samedi à 15h, Théâtre de la Ville, 2 Place du Châtelet, 75004 Paris, France, 01 42 74 22 77
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