Danse

La sombre valse gay de Niv Sheinfeld et Oren Laor

La sombre valse gay de Niv Sheinfeld et Oren Laor

11 juin 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les Rencontres Chorégraphiques de Seine Saint Denis touchent à leur fin, elles se clôtureront les 13 et 14 juin avec Martin Schick, Damir Todoreovic, Ula Sickle et Lisbeth Gruwez. En attendant, courrez ce soir voir le très voyeur Two Room Apartement chorégraphié et dansé par le couple Niv Sheinfeld et Oren Laor. Au CDN de Montreuil, salle Maria Casarès.

[rating=5]

Ah l’Archive, elle n’en finit pas d’être le fil conducteur de toute la création chorégraphique depuis au moins deux ans. La liste devient infinie, alors, ne citons que Dominique Brun qui il y a quelques semaines donnait à voir pour la première fois depuis 1913 Le Sacre du Printemps dans sa version originale. Ici, nous restons au XXe siècle. C’est en 1987 que Liat Dror et Nir Ben-Gal chorégraphient Two Room Apartement, vu comme un monument de la culture chorégraphique contemporaine. En 2014, le couple est gay, il est composé de Niv Sheinfeld et Oren Laor.

Ces deux-là ont l’air si lié que l’ignorance à peine feinte ne prend pas. Ils tracent au sol des lignes blanches au gaffeur qui deviennent très vite aussi présentes qu’un mur qu’il soit celui qui sépare deux chambres ou, puisque la pièce est israélienne, la tentation politique n’est jamais loin, le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie. La tentation politique, ces deux-là nous y invitent. L’allusion à l’armée est là dans le pas répétitif et militaire, là aussi dans les couleurs de leurs costumes (slim-t-shirt) qui rappellent dans leurs teintes le treillis. Ils dansent pareil ou presque, chacun pour soi ou presque. C’est un couple qui s’ignore, se forme, s’aime, se dispute, se rejette, se retrouve, s’aime encore, violemment, tendrement.

La version masculine du spectacle offre une danse très en puissance. L’étourdissement est immédiat face à ce double-jeu de reproduction. De façon convenue mais efficace, le public entoure les garçons, offrant une proximité très intime. On s’attache à eux immédiatement, séduit aussi par le tube « Goodbye Yellow Brick Road ». La double lecture : intime et politique est un concentré de ce qu’Israël est. Un pays aux oppositions internes nombreuses mais au dialogue possible.

A voir ce soir et seulement ce soir.

Visuel ©Gadi Dagon

Infos pratiques

La Manutention
Galerie Art Contemporain Jean Jacques Rio
Conort-Laetitia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *