Danse

La nuit décadente de Benoit Lachambre

La nuit décadente de Benoit Lachambre

15 mai 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Place aux serpents SM, à la nuit noire jusqu’au petit jour et au corps total, organes compris de Benoit Lachambre pour un faux solo nommé Snakeskins. A découvrir les 7 et 8 juin au Festival June Events

Présenté dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts se tenant à Bruxelles jusqu’au 26 mai, Snakeskins commence fort, par une vision du danseur accompagné d’un homme cagoulé qui l’aide à se chausser. Bientôt, la musique, harmonica, sample live, guitare et scie musicale arrive, composée menée par le prodigieux Hahn Rowe. Le plateau est recouvert d’un toit fait de fils de nylon ultra tendu à l’allure fragile. Dans un coin, git une immense photo de Christine Rose Divito représentant un petit garçon dans une ruelle débutant par un mur recouverte par personnifiant  » un ancêtre des Premières nations ».
Benoit Lachambre ajoutera des cordes aux cordes, de la contrainte au mouvement, dansant vêtu d’un jokstrap sur un jean remontant sur le torse nu. Il s’accroche comme un chien en laisse, la danse se trouve comme en suspension absolument légère en même temps que dans une totale violence. Pendant la scène, évidement SM, le voyeur regarde, confortable sur sa chaise.
Ensuite vient d’autre liens, d’autres dominations avant que la nuit avance. La fête se fera abandon, équilibre dangereux, rave techno avant d’atteindre, dans un solo de guitare à la Hendrix, l’apaisement au matin blême. Elle se prolonge avant de s’évanouir doucement jusqu’à une fin plus qu’originale.
Le geste est parfait, la douleur parait légère, la douceur parait faire mal. La présence sur scène des trois personnages transforme le mouvement en moment pur. Alors que la violence est partout, la peur monte quand il s’approche de nous, quand les yeux dansent et se révulsent, quand la chute semble proche.
Le spectacle agit par shoot d’électrochocs dont les effets s’immiscent tout le long de la pièce. L’affaire se calme puis accélère au moment où on s’y attend le moins dans un jeu de feux follets orchestré par le magicien de la lumière qu’est Yves Godin.
Cette nuit-là est celle d’une mue, où l’homme en cuir harnaché finira libre et torse nu. Le beau survient par surprise, tout autant qu’un récit évident que nous n’avions pas vu venir.

Visuel : (c) Christine Rosedivito

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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