Danse
« La figure du baiser », ôde dansée à la sensualité [Chalon Dans La Rue]

« La figure du baiser », ôde dansée à la sensualité [Chalon Dans La Rue]

23 juillet 2017 | PAR Mathieu Dochtermann

La danse comme une invitation à une connexion entre les corps : ce n’est pas une idée neuve, mais elle est exploitée avec grand talent par la compagnie Pernette dans La figure du baiser. De la danse à ciel ouvert d’une grande exigence chorégraphique, des interprètes de talent, une utilisation astucieuse de l’espace, la participation d’un public conquis : l’un des temps forts de Chalon Dans La Rue 2017.

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Six jeunes gens, trois femmes et trois hommes, attendent les spectateurs dans la cour de l’hôpital. Le corps tatoué – de vrais tatouages pour les uns, des tatouages éphémères pour les autres – sous des vêtements à l’étoffe fluide, le port altier, le regard clair, ils convient le public à une cérémonie.

Il va s’agir, ensemble, durant une heure, de convoquer le corps et la sensualité, de réveiller des instincts endormis, de reconquérir des espaces : le dessein est beau et le programme, ambitieux ! Il en faut, du talent, tant dans l’écriture que dans l’exécution, pour réussir cette composition alchimique : au moindre faux-pas, on tombe dans le convenu ou le ridicule. Mais La figure du baiser est de ce point de vue une réussite, un exercice d’équilibre sur le fil, certes périlleux mais parfaitement tenu. Il faut rendre cet hommage au talent de Nathalie Pernette: elle se tire de cette entreprise délicate avec les honneurs.

Les corps ici se connaissent, cela se sent. Les danseurs se frôlent et se révèlent, et, à mesure que le spectacle gagne en intensité, la musique clasique succédant à la musique électronique, doucement, les spectateurs s’éveillent. Sont incités à se déplacer, sont incités à se toucher, sont incités à interagir et à devenir, eux aussi, acteurs de la danse. Les cercles et les demi-cercles se font et se défont, les soli – brillants – alternent avec les scènes de groupe, dans un ballet bien réglé.

Si le baiser, ce frôlement fugace, cette caresse soyeuse des lèvres, devait être une figure, elle serait celle-là : élégante, charnelle, troublante, fugace, légère. Dansée. Collective.

C’est beau, cela interpelle, c’est porteur de sens mais surtout de sensibilité. Moderne sans être inabordable, sensuelle sans être putassière, généreuse sans être dogmatique : c’est une très belle œuvre, qui a marqué les spectateurs de Chalon Dans La Rue.

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