Danse

La danseuse Ofelia Jarl Ortega était au Festival Jerk Off pour sa première en France !

La danseuse Ofelia Jarl Ortega était au Festival Jerk Off pour sa première en France !

17 septembre 2019 | PAR Chloé Coppalle

Jerk Off est un festival présenté comme « pluridisciplinaire » par ses créateurs Bruno Péguy et David Dibilio, où se rencontrent différents artistes qui travaillent sur les thématiques du corps queer. Pour sa nouvelle édition, le festival a proposé une programmation de douze interventions qui se sont déroulées du 4 au 15 septembre 2019. Retour sur la prestation de la performeuse Ofelia Jarl Ortega, B.B, qui s’est tenue au Carreau du Temple ce dimanche.

Ofelia Jarl Ortega est une chorégraphe dont le travail porte sur les normes féminines, du regard pouvant être porté sur la féminité, ou sur la sexualisation de la femme. Sur son site personnel, la jeune femme présente sa prestation B.B par la résonance de ces deux initiales. Elle évoque la question du désir par la référence à l’actrice « Brigitte Bardot», la sonorité du mot « baby » et l’idée de la répétition comme deux identités, « as in b-side ». Pour cette chorégraphie, qu’elle réalisa avec la danseuse Alexandra Tveit, et qui fut accompagnée par une musique du compositeur Patrik Patsy Lassbo, elle reçut le Prix Jeune Chorégraphe en 2018 au festival ImPulzTanz, festival international de danse contemporaine se déroulant à Vienne. C’est au Jerk Off Festival qu’elle se produisit ce week-end pour la première fois en France.

C’est d’abord Alexandra Tveit qui rentre en scène, habillée par un ensemble rouge en latex. Ofelia Jarl Ortega arrive quelques secondes plus tard, sous une cape noire en chantant avec une voix masculine modifiée par l’Auto-tune* sur une mélodie low tech. Alexandra Tveit bouge le bassin, se déhanche, le tout dans des mouvements lents et érotiques. Puis, elle se retrouve seule, sans musique. Le spectateur entend alors le corps de la danseuse bougé par le bruit du latex de ses vêtements. Les plis dessinés par le tissu en mouvement ainsi que les bruits qui semblent comprimer la jeune femme concentrent le spectateur sur les mouvements difficiles de son corps. Ofelia Jarl Ortega pose le micro, la musique revient et elle commence à danser, exécutant des pas évoquant celui du twerk, par exemple. Les danseuses réalisent des pas engourdis, comme si elles avaient du mal à les exécuter. Ofelia Jarl Ortega semble articulée comme une marionnette, et se rapproche du public. Située au devant de la scène à quatre pattes, elle regarde la salle, comme si elle la défiait, puis rejoint Alexandra Tveit, toujours en donnant l’impression de se déplacer avec difficulté. En se positionnant face au spectateur et en les regardant frontalement, elle évoque le regard porté sur le corps féminin et le poids de ce regard exécutés par les gestes lents et laborieux.

Dans un spectacle d’environ une heure, plusieurs passages s’enchaînent, alternant des rythmes plus rapides, avec une musique et des mouvements de danse qui rappellent les corps ondulent, déhanchés et cambrés de la culture du rap hip-hop, et des moments beaucoup plus en suspens. La lumière projetée sur la scène, rose, verte, puis blanche, intensifie l’ambiance underground présente sur scène. Ainsi, la chorégraphe aborde dans son ensemble des mouvements de séduction dans une performance abordant le pouvoir du corps à travers sa dimension érotique. 

 

* L’Auto-Tune est d’abord un logiciel permettant de corriger les fausses notes quand on chante. A partir de la fin des années 1990, le logiciel est utilisé pour modifier la voix du chanteur et lui donner un son plus mécanique.

 

Visuel : ©ChloéCoppalle

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Chloé Coppalle

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