Danse
« La Belle au bois dormant » de Rudolf Noureev à l’opéra Bastille

« La Belle au bois dormant » de Rudolf Noureev à l’opéra Bastille

09 décembre 2013 | PAR Géraldine Bretault

Pour les fêtes de fin d’année, l’Opéra de Paris remonte La Belle au bois dormant, dans une chorégraphie de Rudolf Noureev, d’après Marius Petipa. Ajoutez à cela la trame du conte de Perrault et la composition de Tchaïkovski, et vous obtenez la quintessence du ballet classique à la française, mâtiné d’inspiration slave.

D’aucuns reprocheront à La Belle au bois dormant son manque de romantisme, de passion. Après un prologue assez confus, la Belle endormie attend un siècle qu’un prince vienne la réveiller. Le ton général n’est pas au lyrisme comme dans d’autres grands ballets du répertoire, de Giselle au Lac des Cygnes. Ce ballet vaut surtout pour sa structure classique, qui prend le temps d’exposer les différents rôles – et dieu sait qu’ils sont nombreux -, et qui fait la part belle à la munificence des décors et des costumes.

Pourtant, les deux rôles d’étoile, ceux de la princesse Aurore et du prince Désiré, ont une vraie consistance, notamment depuis que Noureev a revu le rôle masculin (le prince ne faisant son entrée qu’à l’Acte II). Les spectateurs présents en 1961 à l’opéra Garnier, lorsque Noureev, en tournée avec le Kirov, fit son apprition sur scène, s’en souviennent encore : le maître russe avait fait sensation et avait électrisé l’auditoire par son audace.

Ce soir, Ludmila Pagliero était une impeccable princesse Aurore, aussi fraîche que la rosée dans un rôle exigeant et conséquent, et Joshua Hoffalt lui apportait tout le soutien nécessaire, en prince galant attentif à s’accorder au moindre de ses mouvements. Nommé en juin 2012 dans la Bayadère, malgré une interprétation sensible, ce dernier semble encore piégé par le trac, qui l’empêche de donner sa pleine mesure dans les soli.

Ce n’est nullement le cas de François Alu, récemment nommé Premier Danseur (à partir de janvier 2014), qui s’est livré à un numéro de haute volée sous les atours de l’Oiseau bleu en fin de programme. Dans ce rôle court mais virtuose, la qualité de ses sauts est venue enfin apporter ce supplément d’âme et ce frisson qui manquait à l’ensemble pour tenir en haleine le public pendant 3h10.

À noter : le 29 décembre et le 2 janvier, le rôle de la princesse Aurore sera interprété par Svetlana Zakharova, « principale » au Bolchoï, parmi les plus grandes ballerines que compte le monde à l’heure actuelle.

Visuels : © Sébastien Mathé, Opéra national de Paris

 

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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