Danse
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Koen Augustijnen nous invite à partager sa vision de l’Au-delà

06 avril 2012 | PAR Géraldine Bretault

Le chorégraphe belge Augustijnen vient présenter à Chaillot sa dernière création pour les ballets C de la B. Une pièce marquée par la contemplation et la générosité.

Quand point la maturité, que les premiers indices de l’usure du temps se font sentir dans la chair et dans l’âme, le moment est souvent venu de marquer une pause pour enregistrer cette évolution. Il y a quelques semaines en ces lieux, Hervé Robbe nous invitait à remonter le temps avec lui, pour vérifier si le petit garçon qu’il était pouvait être fier du chemin parcouru. Koen Augustijnen choisit plutôt d’accélérer le cours du temps pour envisager un regard rétrospectif depuis l’au-delà.

La pièce débute par une courte vidéo dédiée à la contemplation d’un double arc-en-ciel, tandis qu’une voix off s’extasie à multiples reprises : « Oh My God! ». Une exclamation non usurpée, puisqu’il apparaît vite que nous nous trouvons dans l’Au-delà, en compagnie d’un danseur seul d’abord,  l’intense Claudio Girard, vêtu d’une étrange robe à crinoline blanche, puis d’une poignée de personnages affairés à visionner les moments forts de leur vie.

Aidé par des danseurs à la générosité communicative, eux-mêmes choisis pour leur maturité, qui charge d’intensité leur pouvoir d’expression, Koen n’en oublie pas pour autant son humour burlesque, son goût pour l’absurde. Ainsi, la bonhommie affichée de sa gestuelle vient servir de contrepoint à la maîtrise des autres danseurs. Le clin d’œil à l’enfance passe pour le chorégraphe par la musique, et plus précisément les improvisations de Keith Jarret que son père aimait tant écouter. Transmission et mélancolie.

La pièce s’articule entre des moments dansés et des monologues tendus autour de la perte et du deuil, que les danseurs viennent déclamer en bordure de scène. Avec la même interrogation pressante en toile de fond : que reste-t-il d’une vie, sait-on reconnaître le bonheur ? Aurait-on pu faire mieux ? Sommes-nous certains de bien profiter du moment présent ? Plus qu’au purgatoire, c’est au Livre des morts tibétains que nous renvoie le chorégraphe, pour nous inviter à plonger avec la troupe dans un état intermédiaire, entre la vie et la mort, dans l’espoir d’y trouver des raisons de renaître à nous-mêmes.

Reste qu’à vouloir tant donner à son public, Augustijnen en oublie de lui faire confiance pour comprendre entre les lignes ce qui est déjà limpide dans l’écriture chorégraphique : le besoin viscéral de se toucher, le destin collectif de l’homme, et l’envie de sentir les battements de son cœur dans sa poitrine.

 

Visuels © Chris Van Der Burght

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, créatrice et traductrice de contenus culturels. Elle a notamment collaboré avec des institutions culturelles (ICOM, INHA), des musées et des revues d'art et de design. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France, elle a obtenu la certification de l'Ecole de Traduction Littéraire en 2020. Géraldine a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, dans les rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle a travaillé en tant que docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art. www.slowculture.fr

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