Danse
« J’y arrive pas », les aveux de Brice Bernier aux Abbesses

« J’y arrive pas », les aveux de Brice Bernier aux Abbesses

11 septembre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Théâtre de la Ville continue son ouverture de saison par la présentation des lauréats du concours « Danse Élargie ». Après l’ Aerobics de Paula Rosolen, c’est le Hip Hop  de Brice Bernier qui déverse son flow sur le plateau des Abbesses. Des bonnes idées mais un spectacle qui peine à séduire.

[rating=3]

Le collectif KLP a gagné le concours en 2010 avec Tour of Duty qui avait transformé le plateau des abbesses en terrain de jeu pour gangs énervés. Brice Bernier avance depuis en solo. L’excellent danseur est passé notamment chez Rachid Ouramdane pour Sfumato. Pour J’y arrive pas, il décide de se confronter aux nouvelles technologies, en essayant d’illustrer l’idée de dépossession de soi face aux machines. La première image nous présente un homme déjà robot qui traverse le plateau arrêté en son fond par un écran en dégradé de rouges.

La pièce va d’abord nous séduire sur une rupture intéressante, celle d’un danseur qui semble quitter le spectacle pour revenir au temps de l’échauffement,le matin, au son de « 7 heures du matin » de Jacqueline Taieb, récemment tournant en boucle dans vos tête grâce aux 3 Suisses.

Un danseur sachant danser, c’est déjà une bonne chose.Lui a largement intégré les pas les plus traditionnels du hip hop et du breakdance. Ici, et peut être malheureusement, il ne montre pas assez ce dont, lui, artiste élastique, est capable. Il brouille les messages en accolant des entrées de techniciens aux machines avec une vidéo interactive qui n’est pas des plus passionnante. On a tendance à être happés par la musique de Guillaume Bariou qui s’amuse à mixer ses compositions hip hop très électriques à trois chansons : le superbe « The Revolution Will Not Be Televised », à la flûte de pan si funk de Gil Scott-Heron, les minauderies de Jacqueline Taeib et le tout aussi groovy « Right On For the Darkness » de Willie Wright. Les pas de Bernier viennent alors plus illustrer le son. Il alterne entre postures de yoga (ouverture de hanches, équilibres) et chorégraphie d’une battle qu’il mène contre la machine.

« J’y arrive pas » souffre de sa longueur. Le propos de Brice Bernier pour sa première création est rapidement traduit et peine à tenir sur la durée. Resserré le spectacle fonctionnerait. Brice Bernier est un garçon qu’il faudra suivre. 

Infos pratiques

La Cigale
Tant qu’il y aura des bretons
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *