Danse
John Cage mis en chorégraphie par Olivia Grandville

John Cage mis en chorégraphie par Olivia Grandville

23 décembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les Immersions, le nouveau rendez-vous de l’Atelier de Paris de Carolyn Carlson (à La Cartoucherie de Vincennes), sont un temps de partage de fin de résidence au théâtre, qui vous invite à plonger dans l’univers des chorégraphes et à découvrir leur travail sous de multiples facettes. Carte blanche est donnée aux compagnies le temps d’une journée, quelques semaines avant la première du spectacle. Après avoir ouvert une répétition de Christian et François Ben Aïm, cette seconde Immersion de la saison nous a permis de découvrir le travail de la compagnie d’Olivia Grandville.

Les immersions sont un cadeau, pendant trois heures, tels des espions bienveillants nous voyons ce qu’il nous est interdit de voir : la création d’un spectacle. Ce 21 décembre, la danseuse et chorégraphe Olivia Grandville travaille les relations entre le verbe et le geste. Quoi de plus normal pour celle dont la maman n’est autre que Léone Nogadère qui foulait en 1947 les planches de la première cour d’honneur pour Richard II mis en scène par Jean Vilar. Une enfant du sérail, donc, devenue grande, aujourd’hui à la tête de La compagnie La Spirale de Caroline.
Dans deux semaines, ce sera la première, de Cinq Ryoanji, cinq jardins. Elle définit son spectacle comme une « installation chorégraphique ». Il est le prolongement d’un solo créé en 2000 aujourd’hui repensé pour cinq danseurs « aux couleurs de danse différentes » ajoute-elle. Pédagogique, elle explique que son travail est fragile, en cours de construction. Coup de chance, ce 21 décembre marque le début des répétitions avec les musiciens. Pour la première fois, ils rencontrent les danseurs, l’occasion pour le public de s’offrir à l’œil un cours sur la musique expérimentale de John Cage. Lê Quan Ninh est interprété par l’ensemble]h[iatus. La partition représente cinq chemins dans cinq jardins. Cage a posé une pierre sur chaque feuille et a construit le son autour par un processus de fragmentation des lignes. L’ensemble laisse la part belle aux interprétations car les « jardins » peuvent se visiter dans le désordre.
Tout se met en place comme dans un vrai spectacle. Olivia Grandville expérimente quelque chose en demandant au public de s’installer sur les praticables qui entourent le tapis de danse. Les danseurs offrent une pièce déjà captivante . Le travail se compose de postures,  proches du yoga, qui sont ensuite reliées entre elles par des mouvements et des regroupements étonnants. Les artistes se mélangent, se prennent les uns les autres comme appui créant des tableaux magnifiques. La musique étonnante est composée de ‘glissanti’, des mouvements lents, très diffèrents selon les instruments : hautbois, trombone, percussions, flûte et voix.
L’expérience tient du teaser réel. Olivia Grandville dit « fragile », nous on dirait plutôt  » solide ». On ne peut rien savoir de ce que sera la première le….
mais une seule certitude, le captivant travail aléatoire ajouté à une relation mobile de l’immobilité, fera de de Cinq Ryoanji un des grands rendez vous chorégraphiques de 2012

Maryvonne de Saint Pulgent prendra la tête de la controversée Maison de l’Histoire de France
Let there be Darc….
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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