Danse
[Interview] Toméo Vérgès : « La question de la disparition de mes pièces ne me tracasse pas du tout »

[Interview] Toméo Vérgès : « La question de la disparition de mes pièces ne me tracasse pas du tout »

10 juin 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le 14 juin aura lieu la sixième édition des Soirées Culture Perchée, au Perchoir. Dans le cadre du Festival June Event qui se tient aux Ateliers de Paris, le chorégraphe Toméo Verges proposera le très perché « A cappela » qui est extrait du spectacle « Meurtres d’intérieur ». Rencontre.

Quelle performance sera présentée au Perchoir le 14 juin ?
A cappela est extrait du spectacle « Meurtres d’intérieur » qui s’articule autour de trois solos de femmes, qui jouent des codes du « féminin ». Avec A cappela, Sandrine Buring, habillée d’une robe de cheveux offre un numéro de transformiste entre beauté et monstruosité, attirance et répulsion et questionne les clichés chevillés au corps de la beauté.

Vous avez l’habitude de sortir la danse des plateaux classiques. Que vous apporte ce mouvement ?

La compagnie Man Drake développe depuis longtemps un travail de sensibilisation et de performances avec les habitants. Quand je regarde le monde, s’impose à moi la nécessité de tisser des liens avec les gens pour que notre travail artistique reste ancré dans la réalité qui nous entoure.
Proposer des expériences sensibles et de qualité hors plateau, me permet de rencontrer un public qui n’est pas forcément celui qui fréquente les milieux artistiques ou tout au moins celui de la danse. Ces événements provoquent des rencontres inhabituelles et nourrissent notre travail. Cette démarche me permet de mieux comprendre les enjeux qui traversent le monde.

Votre danse est me semble-t-il très théâtrale. Pourriez vous me parler de la façon dont vous avez pensé Syndrome Amnésique avec fabulation ? Parlez moi plus précisément de la trilogie Incisions, présentée le mardi 12 juin lors du festival June Events ?

Cette dernière pièce, clôt le triptyque Incisions qui sera présenté à Paris dans le cadre du festival June events puis à Barcelone au Festival Grec et à Barcelone.

Les trois pièces – Anatomia publica, Troubles du rythme et Syndrome amnésique avec fabulations – s’appuient sur mon histoire familiale, prétexte pour explorer et réaliser trois études sur la décomposition et la répétition du mouvement.

Pour le trio d‘Anatomia publica nous sommes partis des films du cinéaste expérimental Martin Arnold spécialiste de la technique du « found footage » qui récupère des séquences de films pour en réaliser un autre par un jeu de répétition et de boucles.

Pour le duo Troubles du rythme, nous avons appliqué à une scène de ménage « patron », diverses techniques employées dans le cinéma comme le ralenti, l’accélération et le revers. Finalement pour le quatuor de Syndrome amnésique avec fabulations, nous avons travaillé sur une sorte de rêve récurrent. Ces rêves qui se répètent, pas toujours exactement de la même façon mais qui deviennent obsessionnels. A partir d’une multiplicité de duos, de remplacements de rôles et de dédoublements de personnages il s’agit dans cette dernière pièce, comme dans les précédentes études d’ explorer les mécanismes qui interrogent l’inconscient.

Une dernière question, depuis quelques années la danse opère son archivage, même le jeune Hofesh Shechter et on ne parle pas de Pina Bausch. Avez vous déjà cette angoisse de disparition de vos pièces associées à un désir de transmission ? Est ce un acte nécessaire ?

Je trouve très bien que certaines pièces puissent être léguées à des générations futures mais, sincèrement la question de la disparition de mes pièces ne me tracasse pas du tout. J’ai des angoisses existentielles mais celle-ci n’en fait pas partie.

Performance à 18h au Perchoir, 14 rue Crespin du Gast, 75011 Paris
Réservation indispensable au 01 417 417 07.

Visuel : Axel Perez

Infos pratiques

Fondation entreprise Ricard
Théâtre de Châtillon
Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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