Danse
HYBRIDITY : les glissements hachurés de Rafaële Giovanola

HYBRIDITY : les glissements hachurés de Rafaële Giovanola

27 novembre 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Nous avions découvert Rafaële Giovanola, lors du festival suisse Antigel pour Vis motrix. Son monde grouillant se retrouve dans sa dernière création qui sera visible, en décembre, en livestream .

Pendant les six premières minutes, un travail aride se met en place. Des corps dont seules les jambes apparaissent ne peuvent pas avancer, tout comme la bande-son, ils sont saisis de légers à-coups, comme s’ils étaient pris dans des starting-blocks

Quand le mouvement s’autorise, la lumière arrive, blanche, raide. Ces jambes, devrait-on dire ces pattes, ont des têtes. Les pivots font avancer les danseurs très lentement et l’on songe au travail sur les insectes de Myriam Gourfink qui, elle aussi, se paie le luxe du temps long. La chorégraphe travaille les aplats dans cette proposition que nous aurions dû voir, en vrai avant le deuxième confinement.

Le stop-and-go incessant résonne en tout point avec ce que nous traversons. La sensation d’être à l’arrêt, de ne pouvoir faire que quelques flexions tremblantes en lieu de grands jetés vers l’avenir est bien là ici, même quand les gestes se font plus fluides et que le collectif devient plus tribal. Pour autant, les bras restent relativement raides presque inertes (Le plus souvent ! Suspens !).

C’est exactement ce point de rencontre que la chorégraphe cherche entre la flexion et le jeté, entre la boxe et la danse classique, la frappe et la douceur. 

Nous pouvons voir là un signe des temps que le retour à la normale n’est pas pour tout de suite.

L’apport d’HYBRIDITY est ce mix entre une danse mécanique très empruntée aux structures du XXe siècle et une explosion proche des libertés des années 80, dans une approche du groupe qui laisse chaque corps se déployer dans le geste qui lui fait du bien. Il y a ce superbe solo masculin au cœur de la pièce qui permet au danseur de sauter sans avoir l’air de réfléchir.

En réalité, ces jambes parées de shorts et de collants blancs semblent nous inviter à une forme de combat qui ne serait pas des nuits d’élégance : lâcher-prise.

Est-ce cela que Rafaelle Giovanola nous propose sur son plateau désormais éclairé plein phare ? Vous verrez, ce n’est pas si simple. Un rêve un vrai, faire tomber les gestes barrières et se coller un peu, comme eux, un jour.

Le spectacle sera donné en livestream : 

Samedi, 05 décembre à  21h00
https://dringeblieben.de/videos/hybridity-by-cocoondance

Mercredi  09 décembre à  20h00
https://dringeblieben.de/videos/hybridity-by-cocoondance-1

Avec : Fa-Hsuan Chen, Martina De Dominicis, Álvaro Esteban, Tanja Marin Fridjónsdóttir/ Susanne Schneider, Anna Harms, Frédéric Voeffray

Visuel : © CocoonDance

 

 

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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