Danse
Les hommes de Bruno Beltrão prennent le pouvoir au Kunstenfestivaldesarts

Les hommes de Bruno Beltrão prennent le pouvoir au Kunstenfestivaldesarts

10 mai 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Au Kunstenfestivaldesarts, le chorégraphe brésilien Bruno Beltrão réunit dix danseurs pour INOAH, la dernière création de Grupo de Rua. Musclé.

[rating=4]

Lumière dorée, presque cinématographique. Un halo doux qui ne va pas durer. L’uppercut express, -50 minutes- n’en est pas moins sonnant. Il y a une profusion d’images qui ne peuvent pas être toutes vues à l’œil nu. Alors, il faut s’accrocher et tenter de garder le sens des choses… dans le bon sens.

Le chorégraphe s’amuse à inverser les parties du corps à la façon dont les petites filles aiment torturer leurs Barbies aux bras articulés. Les pantins sont en chair, en os, en muscles et en sueur. Bruno Duarte, Cleidson De Almeida ‘Kley’, Douglas Santos, Igor Martins, Joao Chataignier, Leandro Gomes, Leonardo Laureano, Linaldo Pantoja ‘Dhuk’, Ronielson Araujo ‘Kapu’ et Sid Yon ne reculent devant rien. Ils bondissent à l’horizontale, ils utilisent leur tête comme seul support au corps, se tordent à l’excès et choisissent toujours le moment le plus inconfortable pour prendre la pose.

Pour s’exprimer, Bruno Beltrão  parle hip hop,mais à sa façon. Si la grammaire est intacte, l’outil sert à réparer autre chose. INOAH, est comme une histoire de la violence des origines à nos jours racontée par dix mecs.

Il y a cet homme qui en porte un autre comme un pantin convulsant. Il y a cette image de char romain où les dominants et les dominés s’inversent. Il y a cette scène augmentée par les oiseaux noirs qui nous scrutent où la bataille semble se dérouler dans la rue. Il y a des alliances et des trahisons.

La danse est furieuse, faite de gestes comme des balles jetées. On retrouve l’énergie viscérale d’un Hofesh Shechter version street style. C’est assourdissant de talent et de technique. Les interprètes ultra physiques sont ici élastiques et semblent être insensibles à la douleur. Ils semblent flotter, cela est vrai dans la première partie qui plonge leurs pieds dans le noir, mais cela reste exact quand la lumière oscille et se fait blanche.

Une bombe à tous les sens du terme à voir le 11 mai à 20H30 au Zinnema (Rue Veeweyde 24-26 1070 Bruxelles Infos pratiques )

La vingt-troisième édition du Kunstenfestivaldesarts continue jusqu’au 26 mai

Visuel : © Kerstin Behrendt

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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