Danse
[Francophonies, Bilan] « Au-delà » : clôture avec une chorégraphie du vide galopant

[Francophonies, Bilan] « Au-delà » : clôture avec une chorégraphie du vide galopant

09 octobre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Le spectacle de DeLaVallet Bidiefono a déjà fait les beaux soirs d’Avignon, en 2013. Le revoici en clôture des Francophonies. Sa maîtrise impressionne. Et il émeut vraiment lorsque tous les éléments prennent sens ensemble.

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Cie Baninga - Au-delàVoici un magnifique début de spectacle : Morgan Banguissa et Armel Malonga se rencontrent en bord de scène, alors que les lumières ne sont pas éteintes. Puis ils vont se mettre à leurs instruments, accompagnés par le noir qui se fait dans les projecteurs. Ensuite les danseurs entreront, bientôt suivis d’Athaya Mokonzi, qui sera notre chanteur-conteur, ce soir. En quelques mots, il plantera le décor de la chorégraphie : une sorte d’au-delà.

Vers la fin, un long passage de texte (celui-ci étant signé Dieudonné Niangouna) amènera notre chanteur à mentionner le vide qui l’aspire. Est-ce donc ce vide que l’on voit s’agiter, une heure dix durant ? Peut-être bien. Il est en tout cas chorégraphié de très belle manière. Les scènes d’agitation, soutenues par la musique, sont objectivement splendides sur le plan technique. D’autant plus qu’elles ménagent des espaces de pause, où la respiration est reprise à coups de chants, de chutes au sol… Tout cela est admirablement réglé.

Cie Baninga - Au-delàUn peu trop, pourrait-on trouver… Même en suivant du regard un danseur précis, on n’est pas toujours ému par ses mouvements et ce qu’ils racontent… Les expressions sont parfois trop appuyées, de même que la musique… A la fin, une avalanche de symboles sont convoqués… Tout à coup, quand un peu de sens est remis, l’énergie se trouve cadrée. Et l’émotion parvient. Lors de l’évocation du vide, notamment. Ou lorsque deux interprètes, homme et femme, essayent de communiquer. Elle au sol, lui tirant de sa gorge de tragiques notes de musique. Ou lorsqu’Armel Malonga, le bassiste, mime les notes sur son instrument, que les danseurs ont débranché. Ces scènes produisent de l’émotion. Dans ce spectacle, les énergies individuelles sont très belles. D’autant plus lorsqu’elles marchent à l’unisson…

Visuels : © Nicolas Gaillot

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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