Danse
« Figures Non Obligées » au CND : le baroque épuré

« Figures Non Obligées » au CND : le baroque épuré

13 décembre 2015 | PAR Clémence Charrier

Au son d’un quatuor de musique baroque, deux danseurs évoluent dans un décor dépouillé de tout ce qui le constitue. Ce spectacle, mené par les deux danseurs Adeline Lerme et Bruno Benne, prenait place dans la salle atypique du Centre National de la Danse, du 8 au 11 janvier. Malgré cette affiche alléchante, les mouvements étaient le cœur d’un spectacle aussi sobre que plat.

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Le spectacle démarre sans son : les danseurs, Bruno Benne et Adeline Lerme, mais également les quatre musiciens du Quatuor Etranger marchent sur scène au rythme d’un son que l’on entend pas, mais que l’on imagine aisément. Alors que finalement tout s’en éloigne, on s’imagine spectateur d’un ballet composé par Lully, alors que Louis XIV danse sur scène. Les gestes, presque ridicules sans toutes les conventions qui les accompagnent habituellement, se déploient uniquement dans leur propre existence, et les danseurs effectuent des pas qui résonnent dans tous l’espace. Chaque mouvement se trouve démultiplié en ce qu’il est seul sur scène.

Mais, ce qui aurait pu être une ôde à un genre à travers le prisme de notre époque se perd finalement dans ses longueurs. La danse baroque ne se retrouve ni dans les mouvements, ni dans la musique, pourtant fidèles aux traditions. Si l’on admire la précision de la technique des deux danseurs, tout le contexte épuré les noie finalement dans leurs propres mouvements, jusqu’à les rendre lassants. Les longs moments sans son deviennent presque ennuyeux, en ce que les gestes en eux-mêmes ne sont porteurs ni d’esthétique, ni de sens. Très décevant lorsque l’on sait que Bruno Benne a travaillé avec des artistes aussi reconnus que Lucinda Childs, et que lui-même fournit habituellement un travail incroyable. Le concept est extrêmement intéressant, mais pour celui qui est spécialisé en danse baroque, le résultat ne satisfait pas. Fort d’une très belle volonté de promouvoir ce style, Bruno Benne échoue malheureusement à captiver son public. Vite, que son génie revienne sur scène !

L’idée, originale en premier lieu, n’apporte donc rien de plus intriguant à une danse qui semble finalement, dans ce spectacle, ne valoir que par ce qui lui manque : des décors, les tenues et les enjeux sociaux des conventions. Dommage.

 

VISUELS : © CND

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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