Danse

[Festival d’Avignon] Sujets à Vif, un  « B » comme Bien

[Festival d’Avignon] Sujets à Vif, un « B » comme Bien

08 juillet 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Deuxième round de ce programme génial organisé par la SACD qui fait se rencontrer deux artistes dont les univers résonnent. Après un A très politique, le B nous ramène aux fondamentaux des relations humaines.

[rating=5]

Rave de Matej Kejžar et Niño de Elche
Il est aussi long que lui est rond. Il (Matej Kejžar), le long, est danseur et chorégraphe, habitué d’Avignon où il a dansé dans le mémorable Cesena donné au crépuscule par Anne Teresa de Keersmaeker. Lui (Niño de Elche), le rond, est chanteur très pluriel. Pour cette proposition, la voix sera celle d’un muezzin et le corps celui d’un crève la faim nourri au souffle. Le long inspire le rond. Le corps et le souffle deviennent un couple à l’harmonie aussi inattendue qu’elle est à l’opposée de toute recherche de gémellité. Pas d’alter-ego ici mais au contraire l’harmonie de ce que tout oppose. La danse mettra le temps de la respiration à jaillir et il faudra que le geste se contorsionne et rebondisse pour permettre à la voix de l’autre de se déployer. Le pas de deux est ici amoureux sans le déclarer, il passe à l’acte par l’inattendu et dans un souffle se relâche et nous happe.

Est de Justine Bertillot et Pauline Peyrade
La seconde proposition pourrait être la fin de l’histoire de la première. Le duo d’hommes est sorti de la noirceur pour devenir deux filles sexy sans chercher à l’être, c’est à dire des nanas qui font peur aux garçons. Et voilà que l’une d’elle court Boulevard Sébastopol après avoir appris à faire du roller. Ces deux-là ont beau connaitre la théorie de Newton, rien ne tombe au bon endroit. Elles sont dépassés par celle-là. Alors le Hip-Hop de Justine Bertillot surgit imposant ses ponts et ses swipes. L’auteure de théâtre Pauline Peyrade (dont le texte Ctrl-X sera bientôt mis en scène par Cyril Teste)raconte une histoire tellement bas de gamme qu’elle en devient essentielle « Tu as aimé ça », « Pense à autre chose, si tu n’y penses pas, il n’existe pas ». Il est question d’une rupture dont nous apercevons la fuite. L’univers est au départ très drôle, porté par la présence sur scène d’une piscine gonflable et d’une version très instrumentale de La Vie en Rose. Le texte et le geste concorde parfaitement dans une hâte de dire et de faire propre à ceux qui n’arrivent pas à s’échapper de la gueule du loup.

Visuel : © ABN

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