Danse

[Festival d’Avignon] « Barbarians », les leçons de désir par Hofesh Shechter

[Festival d’Avignon] « Barbarians », les leçons de désir par Hofesh Shechter

15 juillet 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Présentée en coup de vent à La Fabrica à Avignon, la dernière création du plus londonien des israéliens porte le titre étrange de Barbarians. Ici les sauvages n’en sont pas. Hofesh Shechter vient pointer la crise de sa quarantaine, celle qui vous entraine dans la recherche d’un frisson. Crescendo aboutit et réussit.

[rating=4]

Des novices au vieux couple, ce spectacle compte trois tableaux aux titres clairs : The barbarians in love, , tHE bAD et Two completely different angles of the same fucking thing. Au commencement, on pense à Sun où les yeux des danseurs scrutaient le sol et emmenaient avec eux tout le corps qui venait chercher l’apesanteur. Ici, ils ne sont que six et pourtant l’effet de masse est totale dans cette danse qui emprunte aux menuets, à Vandekeybus mais aussi aux gestuelles des clip de R’N’B.

Hofesh est un témoin de sa génération très impliqué dans les questions de filiation. Récemment DeGeneration faisait le bilan de dix ans de travaux. Son geste chorégraphique est clairement défini. Il mêle les mouvements de la danse orientale en la croisant avec la mystique juive. A cela, il colle et emprunte avec talent les dégagés et autres torsions qui font la part belle à des exigences techniques de haut vol.

La progression est totale et absolument parfaite dans ce spectacle au rythme de plus en plus fou. Au premier tableau on doute face à une sensation très ferme de déjà-vu.  Cela est très bien exécuté, mais la grammaire est celle des précédents spectacles du chorégraphe. Les tableaux suivant quittent l’adolescence de la quête de sensation pour entrer dans le dur. THE bAD et Two completely different angles of the same fucking thing sont en soi des pièces parfaites où l’humour a une part considérable. La lumière fait son ballet, tout comme la musique qui oscille entre les douceurs baroques de François Couperin et la drum & bass de Bredren & MC Swift.

Plus le spectacle avance plus le mouvement se libère et puise dans le hip hop. Shechter illustre ses obsessions générationnelles en passant par des allégories d’individualité aux tempéraments corsés. Les muscles bandent ici et se dessinent, l’engagement est totale pour cette joute corporelle jouissive et libératrice où le beau est un invité de marque.

Visuel : Barbarians – © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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