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Festival Danse Solo : Angers s’offre Raphaëlle Delaunay et Carolyn Carlson

Festival Danse Solo : Angers s’offre Raphaëlle Delaunay et Carolyn Carlson

22 janvier 2019 | PAR Sarah Reiffers

Le festival Danse solo d’Angers s’est poursuivi lundi avec deux invitées de choix : les chorégraphes et danseuses Raphaëlle Delaunay et Carolyn Carlson, piliers de la danse contemporaine, qui ont offert au public une soirée mémorable.

En partenariat avec le THV de Saint-Barthélemy-d’Anjou, le Centre national de danse contemporaine d’Angers dédie pour la troisième fois un festival au solo. Forme emblématique de la danse moderne, le solo permet de « mettre en œuvre une forme d’introspection, de révéler la splendeur de l’être en même temps que son universalité » selon Claire Rousier, directrice adjointe du CNDC d’Angers (lire notre article). Lundi soir deux chorégraphes se sont succédées sur scène.

La soirée s’est ouverte avec SOMA, de la danseuse et chorégraphe française Raphaëlle Delaunay. Sur scène, celle qui travailla notamment avec Pina Bausch et Alain Buffard fait preuve d’une énergie et d’une présence impressionnantes. En guise d’introduction, Raphaëlle Delaunay guide son public dans une séance de relaxation puis, arrivée sur scène, se lance dans une sorte de leçon de danse où le comique côtoie le tragique. Il faut « intercepter la lumière blanche à l’intérieur de son refuge », explique-t-elle, ou encore « accueillir la douleur comme une amie ». Entre jargon, vocabulaire riche et références populaires il se dessine très vite un aller-retour entre deux notions : la contraction et le relâchement. Car SOMA s’intéresse au corps et à l’effort de la performance, s’appuyant sur une danse dehors-dedans presque brutale, répétitive, où l’on ne sait plus très bien où s’arrête le plaisir et où commence la douleur. Et le solo s’achève sur une fin splendide, qui parodie le corps musclé et victorieux ayant su dépasser ses limites, mais dont la victoire reste ridicule. La vraie exaltation viendra avec l’acceptation du corps tel qu’il est, avec la peau des bras qui pend et les seins qui se balancent. La victoire du relâchement sur la contraction et l’illusion du corps parfait, donc.

En deuxième partie de soirée, la chorégraphe Carolyn Carlson et sa compagnie ont concocté un programme de quatre soli correspondant aux quatre éléments. Elle apparaît elle-même sur scène dans Immersion (l’eau), silhouette quasi-spectrale au visage fascinant où viennent se nicher les ombres. A 75 ans, Carolyn Carlson déborde toujours d’énergie et rien, probablement, ne l’arrêtera. Le premier solo, le feu, porté par le violon et clavecin de Vivaldi, offre à l’interprète James Carlès une chorégraphie rapide et qui brasse les émotions jusqu’à l’exaltation. Le deuxième solo, célèbre Density 21.5 qui révolutionna le monde de la danse en 1973, s’associe à l’air, somptueux et délicat mélange de fluidité et de nervosité où la cassure impulse le mouvement. Dans le troisième solo Carolyn Carlson s’appuie sur une danse du haut du corps pour ne faire plus qu’une avec l’eau, sous toutes ses formes. Et c’est avec Mandala, magnifiquement interprété par Sara Orselli, que le programme s’achève. Ici, la danseuse joue avec l’espace, qui à la fois refrène et alimente son mouvement ; un mouvement presque bestial, parfois mécanique, souvent cassé, qui tourne et s’emballe à toute vitesse. Magnifiés par de splendides lumières, ces quatre soli ont offert au public angevin un excellent panorama du style de la célèbre chorégraphe américaine, tout en ondulations et nervosités.

Visuel : Hermann Diephuis

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Sarah Reiffers

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