Danse
Eros en confinement, les corps à corps clownesques de Gallois et Lazare au Théâtre de la Ville

Eros en confinement, les corps à corps clownesques de Gallois et Lazare au Théâtre de la Ville

22 août 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Dans le cadre de Un Été particulier, le Théâtre de la Ville, toujours en exil à l’espace Cardin, a laissé son parvis libre et à disposition des folies amoureuses de Lazare et Jann Gallois. Jubilatoire.

Une histoire de rencontre

En 2017, le comédien le plus fou qui soit, Lazare, est invité par la SACD et le Festival d’Avignon à penser un Sujet à vif avec la meilleure danseuse qui soit : Jann Gallois. Trois ans et un confinement plus tard, nous les retrouvons, toujours en plein air, toujours près d’un arbre et toujours bien accrochés l’un à l’autre.

Éros en confinement a tout d’un « Sujet à vif », dont l’idée est de faire se rencontrer des artistes et des pratiques. Ceux-là se connaissent déjà mais ont gardé de l’expérience passée l’idée d’échanger les rôles. Le comédien sera aussi danseur et la danseuse aussi comédienne. Et cela fonctionne aussi dans l’histoire (car oui, il y a une histoire !).

Love, love, love

Il est question d’amour ici, de celui qui vous tombe sur la tête, transpercé par la flèche de Cupidon. Mais voilà, quand l’amoureuse est Psyché, l’ennemie jurée de Vénus, la mère de Cupidon, tout se complique. Le monde se met à marcher dans tous les sens contraires à ceux que la pesanteur impose. 

Toute la performance est une allégorie de l’amour du spectacle, de celui qui « bouffe l’écorce de la vie ». La liberté est bien là, bien encadrée par une structure solide. Les inversions permettent des pas de deux jubilatoires et encastrés.

Toutes les expressions de l’amour sont incarnées dans la performance : « être accroché à quelqu’un », « tomber amoureux », « perdre la tête » (ou le nez, tiens, pour Lazare qui, hier, aura foncé un peu trop voracement sur l’arbre !) et, bien sûr, « avoir le cœur qui s’emballe ». Et c’est Louis Jeffroy qui s’occupe de ce point. Sa batterie posée sur l’herbe en pente, le musicien de La rue Ketanou accompagne les deux zozos en route vers un avenir radieux. 

Éros en confinement permet dans son écriture de laisser place à chacun. Lazare joue au clown politique armé d’un balai, Jann Gallois, qui a des racines hip hop, se disloque comme une poupée de chiffon, dans un solo fait de rebonds souples. C’est absolument délicieux.

Jusqu’au 29 août, à 18h, sur le Parvis de l’Espace Cardin. Entrée libre dans la limite des places assises disponibles. Le spectacle dure 40 minutes. Tout public.

 

A noter : dans le cadre d’Un été particulier, Didier Ruiz nous invite à une déambulation dans le Parc de Belleville pour L’amour en toutes lettres, questions  sur la sexualité de l’Abbé Viollet ( 1924-1943) , les 24, 25, 26 et 27 août à 19h ( entrée par le 36 rue Jean Lacroix).  

Visuel : ©ABN

 

 

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