Danse

En Attendant : le souffle d’Anne-Teresa de Keersmaeker

En Attendant : le souffle d’Anne-Teresa de Keersmaeker

30 janvier 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Après le succès d’Avignon en juillet dernier, En Attendant, la dernière création de la chorégraphe belge Anne-Teresa de Keersmaeker, est présentée au Théâtre de la Ville, jusqu’au 6 février. Inspiré de l’Ars Subtilior, forme musicale et poétique de la fin du Moyen-âge et d’une ballade de Philippo de Caserta, le spectacle cultive la fusion entre danse et musique au rythme de corps qui s’approprient l’espace.

Trois souffles scandent la partition de cette création, celui d’un danseur et de son corps, d’un musicien et de son instrument, d’une soprano et de sa voix. Trois souffles qui s’harmonisent, s’accordent et se coordonnent dans un tout. Sobriété et simplicité sont de rigueur ; au sol, une ligne de terre délimite la scène et un petit banc au bois usé et fragile, attend les musiciens.

Une flute traversière donne le ton, puis les huit danseurs font leur entrée dans ce dépouillement scénique. Modestement vêtus de noir et de tennis, ils n’ont pour seuls matériaux que leurs corps et leurs souffles. Ondoiements, entremêlements, la gestuelle est quasi aquatique. Le mouvement est mesuré, poétique, naturel ; les danseurs alternent des courses effrénées avec des suspendus plus ralentis. Tout semble être écrit et dicté. La musique est raffinée faite de dissonances expérimentales et de jeux de citations, le tout d’une sophistication rythmique sans égal.

Anne-Teresa de Keersmaeker redonne à la danse son souffle originel, son état pur. Les danseurs semblent être dans l’attente d’une quête, d’un espoir, d’un amour. Des solos frénétiques et extatiques les emmènent à la découverte de leurs corps et d’eux-mêmes. Puis vient le silence. Lourd, pesant, innommable. La danse se fait a cappella, seuls le bruissement des pieds foulant la terre et le souffle des danseurs résonnent sur scène : la danse parle pour elle seule.

Avec cette nouvelle création, la chorégraphe puise dans la syntaxe des émotions humaines le sens de la nuance et du raffinement. A l’austérité du décor répond une écriture sophistiquée laissant flotter dans l’air une part de mystère délicieux, impossible à cerner, dans une ambiance d’énigme mathématique. Sublime.

Plus d’informations sur www.theatredelaville-paris.com

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Alienor de Foucaud

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