Danse
ElektroKif : Ça dépote avec les danseurs de Blanca Li

ElektroKif : Ça dépote avec les danseurs de Blanca Li

25 avril 2013 | PAR Marie Boëda

Les jeunes membres de la compagnie de Blanca Li se sont déchaînés hier 24 avril sur la scène de la Cigale. Une explosion de danse urbaine (créée en 2010) qui donne la pêche, inspirée d’une journée ordinaire au lycée, à découvrir jusqu’au 27 avril !  

Des pas tout en extension avec contorsion, suspension, souplesse et désarticulation qui font réagir le public, une danse qui demande de ne jamais s’arrêter pour ne pas perdre le rythme, une rigueur devinée derrière ces airs d’ados turbulents, voilà le dernier spectacle de Blanca Li proposé à la Cigale en ce moment à Paris. Des cancres sympathiques sur des airs jazz, électro et piano seul, au sourire déboîtant et aux bras déboîtés ! Ça envoie dès le début avec des sons électro et de la guitare électrique. Elektro Kif retrace le quotidien de jeunes adolescents au collège-lycée, on l’a tous déjà vu mais c’est toujours un plaisir de revenir dans cette ambiance drôle et survoltée. Entre tchek et règlements de comptes, les 8 danseurs qui oscillent entre tectonique, hip hop et street dance nous délectent de leur fougue pendant une heure sans s’arrêter. Chacun rentre sur scène avec un rôle à jouer de manière très naturelle : le lover, l’intello, le sportif… Et dès le début la salle rit aux éclats ! Puis la voix du professeur slamme aux sons de la techno sur un cours abordant les axiomes et la transformation bijective (x=X…) qui a le mérite de ne pas nous abreuver des paroles habituelles… et les jeunes lycéens commencent à danser au départ assis à leur table d’écolier.

Côté mise en scène, toutes les activités y passent et donnent des tableaux travaillés sur fond de récré d’école. Habits de rue, tee shirt aux couleurs vives, qu’ils n’hésitent d’ailleurs pas à enlever pour nous laisser entrevoir le travail de leurs muscles. Ils en jouent et ne se prennent pas au sérieux. Des passages plus lents et sensibles sur du piano traduisent aussi de la capacité des danseurs à effectuer avec douceur et technique une chorégraphie, plus jazz ou contemporaine, a priori moins dans leur corde. De la salle de classe, à la cantine au devoir sur table avec tricheries non dénuées d’humour, ils jouent les percussions sur leur table. Puis la console vidéo vient abrutir tous ces jeunes délurés et finit ensuite sur un visionnage de films interdits ! Musique « tetris », les tables les unes sur les autres, en pyramide, on ne peut s’empêcher de taper du pied pendant qu’eux se désarticulent et nous font part de leur rythme déchanté.

Ils ont la banane pendant tout le spectacle on en sort ravis avec  des électro-chocs dans le corps. Les battements de l’électro nous restent dans la peau. Jeunes et vieux, tout le monde sourit à la sortie, les applaudissements grondent, on en veut encore et ils recommencent chacun à leur tour, ils nous dansent leur spécialité. Pourvu qu’on s’en souvienne de ces danseurs superbes au niveau indiscutable, tous en dessous de 25 ans, doués d’un humour communicatif et d’une expressivité désarmante ! Blanca Li touche à tout. Elle a voulu expérimenter un nouveau style de danse, la danse électro, genre encore jeune, et qui n’a pas encore trouvé sa maturité. Ce phénomène donne lieu à des éclats de liberté et de fraîcheur et c’est abouti !

Prochaines dates en France le 5 octobre à Noisy le Grand et le 11 décembre à Cergy.

Visuel (c) : Patrick Fisher.

Infos pratiques

La Criée
Théâtre de la Ville- Les Abbesses
Camille Hispard

One thought on “ElektroKif : Ça dépote avec les danseurs de Blanca Li”

Commentaire(s)

  • Maratier

    Super spectacle, original et plein d’humour! Ces 8 danseurs vous font passer un tres bon moment et j’espere que leur succes se prolongera dans toute la france!

    avril 27, 2013 at 7 h 05 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture