Danse
Échappée visuelle dans « Constellation » d’Alonzo King au Théâtre national de Chaillot

Échappée visuelle dans « Constellation » d’Alonzo King au Théâtre national de Chaillot

13 décembre 2013 | PAR Marie Boëda

 

La troupe de Lines Ballet présente jusqu’au 14 décembre au Théâtre national de Chaillot la nouvelle création de son directeur afro-américain Alonzo King : Constellation. Dans une interprétation où la ligne est le symbole élémentaire de toute création, Alonzo King donne aux mouvements du corps le rôle primordial, en jouant sur une musique et un décor à la fois sobres et originaux. Un travail beau sur toute la ligne, interprété par d’excellents danseurs aux lignes étirées qui tissent leur toile en harmonie avec les étoiles.

Des danseurs immenses, que l’opulence des pirouettes et des étirements n’arrête jamais, semblent par moment soulevés par la voix grave de la mezzo-soprano Maya Lahyani. Elle apporte des nuances complémentaires, encore plus charnelles. Avec elle, on assiste à des duos interprétés avec brio et sensualité. Moment fulgurant d’émotion lorsque la chanteuse, présente sur scène, et les notes de piano douces et lointaines accompagnent la rencontre et le déchirement des deux êtres. Ce choix musical baroque contraste avec le jeu contemporain des faisceaux de lumière. C’est d’ailleurs la marque du chorégraphe qui aime faire intervenir différents styles.

La rencontre entre le vidéaste Jim Campbell et le chorégraphe Alonzo King rapproche deux concepts, le corps et la lumière. Comme des équilibristes, les danseurs construisent un monde et jonglent avec de petits globes de plastique laissant échapper de la lumière. Les images électroniques évoluent, suivant le mouvement du danseur, et laissent certainement un tableau différent à chaque spectateur selon sa place. Ces éclairages parfois dérangeants questionnent les notions de vision, d’espace, et de mouvement.

Les danseurs, choisis pour leur grande taille (surtout les femmes), nous éblouissent par leurs gestes amples et rapides, musclés et aériens, dans lesquels on reconnaît l’empreinte d’une des brillantes écoles d’Alonzo King : Alvin Ailey.

Une conception de la chorégraphie innovante qui n’oublie jamais la beauté du geste. Les spectateurs en sortent bluffés.

Visuel : photo du Théâtre national de Chaillot © R.J Muna

Infos pratiques

Théatre Gérard Philipe
Comédie saint michel
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