Danse

Dunas : rencontre entre la danse contemporaine et le flamenco

Dunas : rencontre entre la danse contemporaine et le flamenco

22 avril 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Pendant trois jours, la Grande Halle de la Villette accueille deux chorégraphes atypiques qui aiment à transgresser les limites de leur art. Sidi Larbi Cherkaoui, issu de la danse contemporaine et María Pagés, issue du flamenco, expérimentent ensemble une forme nouvelle, ouverte à leurs aspirations les plus profondes. Une œuvre initiatique, qui explore la quête et le désir de l’autre, avec finesse et délectation.

 

En choisissant de se projeter dans le désert, lieu éminemment libre en transformations incessantes, les deux chorégraphes laissent le champ de la danse ouvert à de multiples possibilités. Celle par exemple de faire rencontrer la danse contemporaine et le flamenco. Celle de créer une langue commune entre le symbolisme religieux du chorégraphe belge, illustré notamment par le tryptique Myth/Foi/Babel ; et les castagnettes de la danseuse sévillane. Chacun est parti en quête de l’autre, de son expressivité, de son investissement scénique, de ses racines et de son âme.

La musique composée par Szymon Brzoska et Rubén Lebaniegos, entre répertoire flamenco, juif, classique et médiéval, participe pleinement à la réconciliation de leurs personnalités. Quelques notes de piano et les cordes d’une guitare accordées au rythme des percussions donnent le ton. María Pagés maîtrise à la perfection la technique des Palmas et du fameux Zapatéado, alliant à sa grâce l’élan de Cherkaoui. Tous deux s’engagent corps et âme dans une expressivité émotionnelle très forte, se livrant ainsi entièrement à leur danse. S’appropriant l’espace et les décors, ils parviennent à s’accorder sur le style de l’autre, modifiant leur perception du mouvement, créant une nouvellae gestuelle, fruit de leur rencontre, fruit de leurs matières chorégraphiques, aux antipodes l’une de l’autre.

La scène s’ouvre sur un plateau dessiné de voiles aux couleurs beiges des dunes et du vent chaud qui souffle et agite le sable. Les tissus suspendus habitent l’espace et habillent les danseurs, jouant des disparitions et apparitions, de l’ombre et de la lumière. Les deux danseurs se découvrent d’abord puis s’engagent dans un duo, un dialogue, une rencontre. La question de l’être ensemble est donc au cœur de ce spectacle. Avec deux corps aux techniques et langages si différents, c’est dans la virtuosité, l’invention et le spectaculaire qu’ils trouvent leur terrain d’entente. Les arabesques de bras à l’hispaniques de la danseuse répondent aux interrogations de Cherkaoui dessinées dans le sable et réfléchies dans un astucieux jeu de projections. Dunas entraine le spectateur dans une spirale de musique, de formes, de couleurs et d’odeurs, et offre une parfaite communion entre les accents du flamenco sévillan et la créativité de l’improvisation contemporaine.

Ces « Nantais venus d’ailleurs » au château des Ducs de Bretagne
Une femme seule, splendide monologue au Guichet Montparnasse
Alienor de Foucaud

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *