Danse

Désirs : le Ballet de Lorraine voyage en Afrique

Désirs : le Ballet de Lorraine voyage en Afrique

25 mars 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Ce week-end, l’Afrique prend ses quartiers au Théâtre National de Chaillot. Cinq chorégraphes, trois ballets, une compagnie, le tout réuni autour d’un seul et même continent. Il ne s’agit pas seulement de traiter de la notion de désir chorégraphique vue par les Africains, mais surtout d’illustrer la diversité des parcours et des histoires de ces professionnels, d’aller à la rencontre d’artistes présentant des horizons créatifs nouveaux et de découvrir le mouvement et la vitalité africaine.

 

Tous deux originaires de Tunisie, Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou partagent un langage chorégraphique commun, autour de leur dualité. La pièce qu’ils présentent, Un des sens, s’apparente à un rite cérémonial, voire à une marche funéraire. Voilés, capuchonnés, les danseurs semblent participer à une procession religieuse, quasi mystique. Dans un lent crescendo, le mouvement se déploie, la gestuelle est essentiellement circulaire, dirigée par le bassin. Sombre et intense, cette création se construit par petites touches de vibrations avant de glisser vers une pulsion et un rythme endiablé. La danse se fait plus homogène, visuelle et esthétique, dès lors que le corps se met en mouvement.

C’est en Afrique du Sud que Boyzie Cekwana s’est formé. Avec Crossworlds puzzles, le chorégraphe met à l’épreuve les danseurs de Lorraine en les poussant à l’improvisation. Se détachant des formes strictes de la danse africaine traditionnelle et des travaux des compagnies de ballet sud-africaines, il joue avec divers matériaux artistiques, juxtaposant la danse et le théâtre. La pièce présentée manque malheureusement d’esthétisme purement visuel, et de coordination. Aucune homogénéité ne rassemble les danseurs entre eux, si ce n’est une régression vers l’enfance : « un, deux, trois soleil » et « Jacadi a dit » scandent les récréations de ces danseurs. Totalement démystifiée et dénaturée, la danse ne répond plus qu’à des interjections : « bouge, gigote, gesticule, court, vole… »  Si seulement il suffisait de gesticuler…L’humour relève cependant le niveau, lorsque le Prince William épouse un cheval et que Carla Bruni est sacrée Miss Krisprolls 2011 !

Salia Sanou et Seydou Boro sont tous deux originaires du Burkina Faso, anciens danseurs de la compagnie Mathilde Monier, leurs inspirations sont multiples. Leur pièce Fïliaa créée une forte relation entre musiciens et danseurs. Un guitariste et un joueur de tam-tam offrent une superbe prestation musicale, en live. Les danseurs emmenés par le son rock et électrique sont portés par un élan gestuel, formant un mouvement d’ensemble de qualité. Le rythme et la pulsation de ces corps finissent par enivrer un spectateur quelque peu rassuré, et finalement conquis.

 

Malgré quelques dissidences, ce ballet a le mérite d’échapper au cliché des danseurs occidentaux mis en scène par des africains, valorisant ainsi le potentiel de sensualité et d’énergie des artistes de ce continent. De leur dialogue à travers les cultures et de leur ouverture.

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Alienor de Foucaud

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