Danse
Danse à l’espace Beaujon : Akatomboy de Diego Ranz et bientôt Kaori Ito

Danse à l’espace Beaujon : Akatomboy de Diego Ranz et bientôt Kaori Ito

20 novembre 2014 | PAR Camille Lucile Clerchon

Dans Akatomboy, Diego Ranz invente un flamenco percusif et surprenant pour un solo où se mêlent danse, percussions corporelles, chants et musique électro.

Diego-Ranz-Akatomboy_referenceAkatomboy est la première pièce de Diego Ranz. Pour celle-ci, il n’a pas hésité à ne garder que l’essentiel de sa danse, à se délester sans vergogne de tout élément qui n’y trouverait pas sa juste place. Audace réelle : le flamenco s’y habille d’éventails de kung-fu, de compositions électro in-situ et de chansons en anglais.
Diego Ranz est un danseur d’origine gitane formé dès son plus jeune âge au Flamenco par les plus grands danseurs andalous. Il danse notamment au côté de sa soeur Lucia Ranz et avec la chorégraphe Ana Yerno. Une histoire de famille donc, à partir de laquelle Diego Ranz tend aujourd’hui à faire surgir une expression plus intime et plus singulière avec cette première pièce.
Mais point d’exercice de style ici, on ne parlera pas d’éclatement des codes ni d’un travail formel de déconstruction de la danse flamenca car ce type de travail s’établit toujours en référence au modèle. Ici, l’artiste construit son oeuvre à partir du langage chorégraphique qui est le sien, et dont il a une telle maitrise qu’il peut en faire ce que bon lui semble.
Avec Akatomboy, Diego Ranz livre une danse habitée par une individualité forte, singulière, une oeuvre flamenca aux confins du romantisme. Création solitaire, la pièce, malgré son éclatante virtuosité semble aussi oeuvre d’introspection. Le danseur, figure androgyne, frêle silhouette au regard perçant, évolue auréolé de mystère, et nous échappe chaque fois qu’il semble se livrer un peu.
Le rythme est le fil rouge, la pièce puise dans les forces telluriques que réveillent le zapateado flamenco. Si la pulsion primordiale de vie que traduisent les percussions est le dénominateur commun de toutes les variations présentées, on regrette une dramaturgie un peu faiblarde et une pièce qui vient de ce fait flirter parfois dangereusement avec le «show». Cette faiblesse pourrait laisser croire à une simple succession de numéros, aux transitions léchées, aux accents parfois trop grandiloquents.
Mais Akatomboy est bien plus que cela, entre cabaret électro-flamenco et solo intimiste, se révèle un autre pan de l’inspiration de son créateur : les machineries électroniques effleurées de la pointe d’une chaussure puis blotties contre son coeur lui permettent de faire choeur avec lui même, et révèlent le travail d’orfèvre artisanal, unique humble et rare, qui préside à cette création singulière.

L’Espace Beaujon nous réserve d’autre pépites dansées! En effet, c’est la grande (mais néanmoins petite) Kaori Ito qui sera le 25 novembre sur le plateau de ce centre d’animation du 8ème arrondissement. Elle présentera une improvisation intitulée L’Animal que donc je suis dans le cadre d’une soirée de danse et réflexions autour de la dimension politique de la question animale.

L’Animal que donc je suis, improvisation par Kaori Ito
25 Novembre 2014
Espace Beaujon
208 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
01 42 89 17 32
http://www.kaoriito.com/fr/index.php?/calendrier/par-spectacle/

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Camille Lucile Clerchon

One thought on “Danse à l’espace Beaujon : Akatomboy de Diego Ranz et bientôt Kaori Ito”

Commentaire(s)

  • Adrien Delgall

    Une suite de moments forts à vous couper le souffle. Diego est plus qu’un danseur complet . Il est aussi musicien et chanteur. Impossible de savoir où nous mènent les chemins de traverse mais l’émotion est toujours présente. Un beau spectacle!

    novembre 20, 2014 at 19 h 05 min

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