Danse

Christian Rizzo en slow motion pour l’oubli, toucher du bois

27 mai 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Etat de grâce au Théâtre de la Ville où tout le gratin de la mode se pressait pour assister à la dernière création du chorégraphe-couturier Christian Rizzo. « L’oubli, toucher du bois » parle des lignes et des perspectives, dans un ralenti hypnotique et contemplatif. Une belle réussite à découvrir en coup de vent, seulement jusqu’au 28 mai!

Il faut savoir commencer un spectacle , détourner une lourde levée de rideau, changer du classique décor à ciel ouvert. Christian Rizzo nous accueille avec un mur de spots, plaçant directement la suite des événement sous le signe des lignes tracées par la lumière. Coup de projecteur, et, tel un coup de poing,  le plateau nous apparaît. O merveille! Une cage en bois, à la perspective passionnante  s’ouvre à  nous.  sur ce plateau, c’est un bric-à-brac de fin de défilé de mode, ou bien d’un magasin à déménager. Nous sommes chez Rizzo et l’étrange n’est jamais loin. Alors, dans un coin, un vieil homme déroule une bobine de laine avec à sa chaise des clémentines accrochées. Pendant ce temps, le balai des déménageurs opère, soulevant indifféremment les hommes ou les objet et les posant indifféremment la tête en bas dans un équilibre acrobatique.

Le sujet du spectacle est la trace. Celle, oubliée immédiatement, laissée par le pas du danseur, l’ombre qui nous poursuit et nous hante, et surtout, les lignes définies par la lumière incroyable de Caty Olive.

Avec une poésie exemplaire, Christian Rizzo fait glisser ses danseurs, avec des moments de pure beauté. Le spectacle vaut l’effort de l’attention pour un tango inversé entre un homme et son ombre et une ronde autour du vieil homme. « L’oubli »  est réellement l’œuvre d’un plasticien de l’espace  mettant en mouvement à égalité les hommes, la lumière et les objets, donnant des images indélébiles à garder en mémoire.

Jusqu’au 28 mai, 20H30, Christian Rizzo, L’oubli, toucher du bois, avec, Jean Louis Badet, Philippe Chosson, Kerem Gebelek , Christophe Ives, Wouter Krokaert , Sylvain Pruenec, Tamar Shelef, Théâtre de la Ville , 2 place du Châtelet, 0142742277, tarif 23/17, placement libre.

En tournée : les 26 et 27 juin au festival de Marseille.

Photo: (c) Hubert Van Maele

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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