Danse

Cession hip-hop au Dansoir de la BNF

05 mars 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Pendant deux jours, le Dansoir de Karine Saporta accueillait trois compagnies atypiques sous l’effigie d’AscEnDanse Hip Hop, une association  qui milite pour la culture hip hop et qui propose d’entrevoir un éventail de ses compagnies et une sélection de créations aussi éclectiques que passionnantes. L’occasion de (re)découvrir cet espace insolite et surprenant.

 

Sous le chapiteau du Dansoir, des petits boxes aménagés longent la piste de danse. Velours rouge, lumières tamisées, ambiance décontractée, le parvis de la BNF n’a jamais été aussi convivial. Malgré le froid persistant de ce 13ème arrondissement, un concentré de chaleur est à disposition.

Trois compagnies se succédaient pour honorer la culture hip-hop. Claire Moineau démarrait les festivités et donnait le « la ». Après de nombreuses années de danse classique, elle choisit de s’orienter vers la culture pop en créant la compagnie Uzumé. Deux danses que tout semblent opposer et pourtant. Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski et La Mamma Morta de la Callas n’ont jamais été aussi contemporains. Rigueur et performance sont au rendez-vous dans ce solo étonnant. Revêtue d’un sarouel et d’un marcel bleu pastel, la danseuse offre une relecture des grands classiques avec beaucoup d’agilité. La grâce de sa gestuelle n’égale pas les rats de l’opéra mais ses habiles transitions tout en Crescendo méritent le détour.

Cathy Grouet joue davantage sur un décalage jazzy et sulfureux. Avec son solo, Le crépuscule du Nénuphar, elle mêle aux ondulations sensuelles une danse qui se veut au plus proche de la nécessité intérieure. Questionnant l’esthétique du jazz et de son langage, elle offre une danse faite d’improvisations et de grandes partitions lyriques. Sa compagnie Synopsie voir le jour en 2006 avec un programme de pièces courtes pour cinq danseurs et un premier solo, Gnoss, sur des musiques d’Erik Satie.

La jeune compagnie Arthur Hurel s’articule autour de l’hybridité, mêlant la danse, la musique et le théâtre. Solos, duos, trios, danseurs ou musiciens, tous sont de la partie. Deux créations se succédaient. La première, Il y a des choses que je ne dis à personne, confrontait une flutiste à un danseur-comédien.  Angoisse, colère, lâcher-prise, apaisement, complicité, ces quelques mots évoquent mais ne résument pas ce duo singulier. Pour la création de Fragments, Arthur Harel s’est associé à Adeline Picault (auteure des Lacets pour la Comédie Française), dont « l’écriture corporelle invite le corps directement à agir ». Une collaboration qui mêle corps parlé et corps dansé.

Intimiste, sympathique, le Dansoir est un lieu à découvrir ; le hip-hop, une danse à partager et ces compagnies, à soutenir. Jeunes danseurs et chorégraphes, qui parviennent à mêler les genres, offrant des créations hétéroclites et singulières. Affaire à suivre.

Le Dansoir de Karine Saporta, Parvis de la Bibliothèque Nationale de France,

Site François Mitterrand, 75013 Paris

Métro Bibliothèque François Mitterrand, Ligne 14, RER C

Renseignements au 06 09 03 08 72 / [email protected]

Réservations au 01 48 07 00 17 / [email protected] / Fnac

Plus d’informations sur la programmation, ici

 

 

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Alienor de Foucaud

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