Danse

Ce que raconte Antonio Gades

Ce que raconte Antonio Gades

08 décembre 2015 | PAR Marie Boëda

La compagnie d’Antonio Gades revient à Paris jusqu’au 13 décembre au Casino de Paris. Grâce aux œuvres populaires d’un des meilleurs danseurs de flamenco, la troupe fait revivre cette année « Suite Flamenca » et « Carmen ». Une Carmen sensuelle et pugnace, c’est un plaisir de revivre ce chef-d’œuvre aux charmes rétro et authentiques.

 

L’impact théâtral d’Antonio Gades

Séville, 1830, il fait chaud, les jupes bariolées des femmes virevoltent près de la fabrication de tabac. Antonio Gades a transformé en ballet le film de Carlos Saura de 1983, « Carmen » dans lequel il jouait le chorégraphe qui tombe amoureux de Carmen (jouée par Laura del Sol). Une version animale et féroce de Carmen soulignée par des pas fougueux et voluptueux. La technique des pieds est présente certes, mais ce qui est mis en valeur c’est le théâtre, l’environnement scénique. Miroirs, chaises en bois et bancs, les tableaux rappellent le film. Parfois, seul le son des talons meurtrit le parquet sinon la musique est un mélange de Bizet, de guitare et de chant flamenco.

Dans « Suite Flamenca» , voyage à travers les cavernes andalouses. Le tableau des danseuses en robes grises reflète l’élégance et la force du flamenco d’Antonio Gades. Cette force sans fioriture rappelle l’histoire à la fois rude et pure de cette danse.

Une place dans la création d’aujourd’hui

Lorsque Dada Masilo revisite Carmen, que Brigitte Lefèvre programme celui de Johan Inberg et que Carlos Acosta présente son adaptation de cette histoire, il apparaît que la nouvelle de Prosper Mérimée inspire toujours autant. Ici, les danseurs de la troupe tentent de rester dans le respect le plus total d’une vision de Carmen pour qui le flamenco semble être naturellement fait pour elle. Les spectacles d’Antonio Gades sont vus parfois comme trop institutionnels et techniques mais c’est aussi le socle commun dont bénéficie le flamenco pour garder son essence.

Sa fille dirige la fondation, qu’il a créée pour perpétuer son répertoire, peu de temps avant sa mort. Antonio Gades n’est plus des nôtres, mais son art résiste. Ses créations sont un plongeon dans l’univers traditionnel du flamenco qui laisse difficilement indifférent.

L’évasion de Richard Cœur de Lion et autres nouvelles, de Jean d’Aillon : attendu, mais efficace
Les dessous chics : patrimoine en dentelles, « Le Gaby » propose ses objets de convoitise !
Marie Boëda

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *