Danse

Catherine Contour dansera avec hypnose, dans Le Bain, au LaM, le 13 octobre

Catherine Contour dansera avec hypnose, dans Le Bain, au LaM, le 13 octobre

13 septembre 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Catherine Contour se qualifie comme « artiste exploratrice », munie d’une double formation de scénographe et de danseuse, très tôt la question du corps l’a entraînée vers d’autres espaces. Le bain au LaM, qui aura lieu le samedi 13 octobre de 15 heures à 18 heures sera l’occasion inratable de plonger avec elle et sans bouée dans cette performance en lien avec l’exposition Danser brut.

Les musées semblent être faits pour les danseurs et les chorégraphes ! Avez-vous l’habitude de performer in situ ?

J’ai monté des projets très tôt, toujours reliés à un lieu. Je n’ai jamais travaillé en studio. Cela a toujours été pour moi le fondement de la création. L’un des premier lieu où j’ai créé était une chambre d’hôtel. Il y avait cette idée d‘in progress, ce sont des matériaux, sonores, visuels qui sont à la racine du travail. Ce sera ma première fois au LaM. Il se trouve que par les questions que j’aborde, j’ai travaillé avec le Centre Pompidou Metz, le Musée de la Chasse, la Gaité Lyrique.  Ces lieux, ce ne sont pas des musées pour des musées mais des rencontres.   Dans le travail que je fais avec les danseurs, la rencontre se fait autour de l’art brut. Je n’étais jamais venue au LaM, le hasard m’a fait être invitée à Normal Sup, j’ai été associée à Anne Boissière, on a reparlé du LaM, notamment des catalogues qu’elle avait écrit, et nous y sommes allées. J’expliquais comment les danses brutes prenaient naissance, et il y avait cette expo qui allait naître, « Danser brut ». C’était le bon endroit, le bon moment.

– Votre axe de travail est l’hypnose. On connait le travail de Joris Lacoste en théâtre mais en danse c’est un terrain peu exploité, comment en êtes vous arrivée à vous intéresser à l’apport d’un accès à l’inconscient sur l’art chorégraphique ?

Quand on est en création les moments où les choses se passent, c’est quand on dépasse le conscient. On est à la fois conscient dans le processus hypnotique et inconscient à d’autres choses qui nous entourent. Je travaille cela depuis 15 -18 ans. Je connais bien Joris Lacoste, et Pascal Rousseau sur la façon dont l’hypnose peut être utilisée en spectacle. Lors d’un stage de qi gong j’ai rencontré l’un des piliers de l’hypnose ericksonienne J’ai découvert que je connaissais des choses similaires. J’ai pris le temps de me former. J’enseigne. Cela a beaucoup transformé mon travail j’étais proche de par ma relation aux lieux, à l’improvisation. Je m’intéressais à la Release technique comme au Butô. Petit à petit un cheminement  s’est fait : j’entrais dans un autre type de relation aux « spectateurs » qui sont devenu des veilleurs.

– Qu’allez vous proposer, sans tout dévoiler, lors du Bain au LaM?

Une alternance entre des moments d’accompagnement hypnotiques, des tracés qui seront montrés. des moments de paroles, et puis des moments de danse. Je ne sais pas encore ce qui sera montré. L’idée est de proposer un long temps d’immersion pour que les personnes partagent l’expérience. Cela va être une modalité d’accueil . C’est une expérience qui nécessite du temps, c’est ensemble. Les danseurs prennent appui sur les présences. Ce que l’on va fabriquer  est un bain commun.  j’arrive longtemps en avance pour travailler parmi les œuvresOn ne sait pas où on  sera exactement.

– Votre performance sera-t-elle participative ? Mobile ?

Dès qu’on entre on participe. On oblige pas les gens. Je préfère les nommer « veilleurs » plutôt que « spectateurs ». Il peuvent rester au bord de l’eau ou sauter  du plongeoir. Il faut qu’il y ait un désir. On est pas dans une hypnose directive. Au sein de l’immersion, il y aura la possibilité d’échanger. Il n’y a pas d’avant, pas d’après. C’est quelque chose qui prolonge jusqu’à accéder au silence, comme en musique.

– Les spectateurs vont-ils se souvenir de ce qu’ils ont vu, peut-être créé ?

Je pense qu’on est avec hypnose et qu’on invite les gens à être avec nous dans une présence particulière. On est dans un bain commun qui nous met ensemble.  Nous seront trois danseurs et un musicien qui sont une partie de l’équipe de recherche associée, une recherche de création d’outil pour l’art chorégraphique qui questionne ce qu’est une danse avec hypnose. Les « veilleurs » accompagnent le processus, si ils acceptent d’être avec nous, cela les amène à partager le processus hypnotique. Il peut y avoir des amnésies et plusieurs jours après des choses réapparaissent. Cela a plus à voir avec le rêve. Cela nous met dans une porosité particulière.

Le bain au LaM, qui aura lieu le samedi 13 octobre de 15 h à 18 h est un événement présenté dans le cadre de l’exposition  Danser brut  du 28 septembre au 6 janvier.

Le LaM, 1 allée du Musée,59650,VILLENEUVE D’ASCQ, réservation au 03 20 19 68 68

Visuel : ©Catherine Contour, portrait par Felipe Ribon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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