Danse

« Body of Work », les cicatrices chorégraphiques de Daniel Linehan

« Body of Work », les cicatrices chorégraphiques de Daniel Linehan

21 novembre 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le plus frenchy des américains est au Théâtre de la Bastille jusqu’au 23. L’heure pour le trentenaire de se questionner sur ce que la danse fait à son corps.

En interview, en 2018, au moment de la création de Flood Daniel Linehan nous disait : « Pour moi, la voix est une partie du corps, au même niveau que le corps fournit un mouvement, la voix elle aussi, bouge dans notre corps, elle vibre… » Formé à bonne école, chez Anne Teresa de Keersmaeker, le fil conducteur de la pensée de ce danseur et chorégraphe n’est jamais la beauté. Le corps est un vecteur de sens, rien d’autre.

Pour Body of works, il s’est attelé à passer en revue sa déjà belle carrière. Nous découvrons ses vrilles il y a six ans dans Not About Everything, puis ses lignes dans son Sacre à l’Opéra de Lille puis au festival de danse June Events. Au Centre Pompidou Dbddbb et donc Flood, encore récemment, étaient des questionnements sur la répétition, la voix et le souffle.

Linehan aime interroger les débuts de spectacles. Ils commencent bien avant que le public soit installé. Pour cette pièce, il s’ausculte pendant que l’on entre et sample ses considérations métriques. « Prenez un demi-milliard de mes bras pour toucher la lune », par exemple. Ensuite, comme annoncé, il transmet son propre héritage et l’on retrouve tous les axes de son travail. La circulation se fait par le souffle dans un balancier qui s’empare de tout l’espace pensé en quadri-frontal.

Daniel est au centre à tous les sens du terme. Dans une spirale très personnelle, sa course vers le milieu va le pousser à danser la mort, la perte dans une amputation symbolique. Comment le corps porte-t-il la peine, comment cela se traduit-il et comment la danse rend t-elle la vie plus supportable ? Body of Work prouve que le mouvement n’est pas éphémère, il prouve également qu’un dépouillement, de costume et de lumière change la perception d’une question existentielle : « et après? ». La réponse sera forcément dansée !

 

Visuel :© Danny Willem

 

 

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