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Babysitting Tête de Cire : Joyeux bordel au Palais des Beaux Arts !

Babysitting Tête de Cire : Joyeux bordel au Palais des Beaux Arts !

09 décembre 2012 | PAR Audrey Chaix

Dans la série Babysitting, Robyn Orlin en est au cinquième. Au cinquième spectacle hors les murs, ignorant le plateau pour trouver un nouvel espace scénique : les vastes galeries d’un musée. Après être passée par la Alte Nationalgalerie de Berlin en 2002, la Johannesburg Art Gallery de Johannesburg (2004) ou encore le Louvre en 2009, c’est au Palais des Beaux Arts de Lille que la chorégraphe sud-africaine installe son univers un peu fou, dans le cadre de la saison 2012 – 2013 de l’Opéra de Lille.

 

L’idée de cette série, Robyn Orlin l’a eue en observant les gardiens des musées, ces êtres muets qui veillent au grain la nuit, lorsque le public est parti et que les lumières sont éteintes. Cette réflexion s’est confrontée à une autre question que se posait la chorégraphe : au coeur des musées, qui prend soin des oeuvres d’art, et à qui ces dernières appartiennent-elles ? De ces différentes pistes est née cette série Babysitting : la chorégraphe investit un musée avec, pour point de départ, une des oeuvres, qui sera le fil rouge de la pièce. Au Palais des Beaux Arts, sur les conseils d’Alain Tapié, directeur du musée, elle choisit une tête de cire anonyme, dont personne ne connaît l’auteur, qui n’a pas de nom, pas d’emplacement attribué dans le musée – elle est souvent déplacée en raison du matériau qui la compose, la cire fondant lorsqu’il fait trop chaud, et risquant la condensation quand il fait trop froid (phénomène qui a séduit Orlin, puisqu’il est à l’origine de larmes sur les joues de la tête de cire…).

 

La tête de cire est donc le point de départ du spectacle. Sa véritable raison d’être, ce sont les cinq agents du Palais des Beaux Arts, quatre hommes et une femme, qui, entourés de quatre danseurs, d’un comédien et d’un chanteur lyrique, sont placés sous les feux de la rampe. Eux qui connaissent le musée par coeur, ils sont invités à guider les spectateurs lors d’une déambulation nocturne, à la lumière de lampes torches, en quête d’une place pour la tête de cire. Et lorsque le spectacle commence, personne ne sait vraiment où il finira…

 

Car l’élément principal de ce Babysitting Tête de Cire, c’est la surprise. Le public est invité à suivre les gardiens et les performeurs d’espace en espace, pour suivre les performances autour de la tête de cire. Certaines ont lieu pendant la déambulation, d’autres à des points précis. Que l’on soit debout ou assis sur le sol du Palais des Beaux Arts, on savoure ce mélange de danse et de comédie, de poésie et de burlesque, de théâtre et de performance. Ici, un comédien sud-africain ridiculise allègrement le public. Là, de l’autre côté de l’atrium, dans l’encadrement de l’arche d’une galerie, un danseur lyrique chante O Sole Mio drapé dans un drap d’or, véritable Belphégor lillois. Le public est conquis, cela s’entend. S’ensuit, entre autres surprises, une montée de marches libératrice, une projection de petits films réalisés par les agents d’accueil dans une petite galerie – le public est invité à échanger avec eux sur le contenu de ces films, qui montrent leur rapport avec le musée. Avant que les performeurs ne surgissent, vêtus de l’uniforme des agents, pour soustraire la tête de cire à leur surveillance. Appel à l’aide, course-poursuite, le tout se termine sur un air entraînant dans le hall principal du Palais des Beaux Arts, où tout le monde danse, performeurs, agents d’accueil, et public.

 

Non seulement Robyn Orlin a offert un spectacle de qualité dans les galeries du Palais des Beaux Arts, mais elle a surtout montré à quel point ces statues, ces peintures, ces céramiques étaient là pour que le public, les agents d’accueil ou les performeurs puissent se les approprier et utiliser leur imagination – dans ce cas, loufoque et débridée !  – pour les faire vivre vraiment. Promenade inoubliable dans le Palais des Beaux Arts, moment de partage sincère entre tous ceux qui, ce soir-là, ont « babysitté » la tête de cire : on est ressorti de cette performance avec le sentiment que les arts visuels et ceux de la scène feraient mieux de se retrouver plus souvent. Et pour ceux qui passeraient par Lille d’ici le 20 décembre, il reste de la place…

 

 

 

 

Crédits photos : © Frédéric Iovino (photos de répétition)

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

2 thoughts on “Babysitting Tête de Cire : Joyeux bordel au Palais des Beaux Arts !”

Commentaire(s)

  • elise

    j’ai été très déçue par ce spectacle, hormis 2 scènes, le contre ténor chantant perché dans une niche et une scène de danse avec masque à l’étage.

    Rien dans le spectacle ne correspond à la description qui en est faite, le reste est bruyant,laid ou incompréhensible : dans le premier tableau on se comprend rien à ce que dit le gardien.
    D’un seul coup une fille se met à poil sans qu’on comprenne pourquoi, ensuite une femme se fait verser de l’eau dessus en hurlant , c’est interminable, on nous force ensuite à monter un escalier en hurlant,

    Après une belle et courte scène plus poétique, on arrive à l’interminable scène de vidéos ineptes où ne comprend rien du pourquoi ni comment de la mise en scène des gardiens, on y voit entre autres l’un se déshabiller, l’autre traire une vache …

    et ça se termine par une musique de paul simon avec des chants zoulous, j’aurais pu danser si une quelconque cohérence ou beauté du spectacle m’y avait entrainé mais là j’avais juste envie de me sauver. Ne dites pas d’ailleurs que le public était conquis, plusieurs personnes sont parties en cours de spectacle, je ne suis restée que aprce que mon ami avait des affaires au vestiaire,

    je me pose la question : que s’est il passé pour que l’opéra et le musée proposent un spectacle aussi lamentable : baclé ? les gardiens du musée ont-ils improvisé ? ça avait l’air si bien sur le papier, il y avait matière à faire des choses formidables au lieu de ce foutraque vulgaire où je sauverais juste le chanteur contre ténor

    18 euros pour ça n’est ni plus ni moins que du foutage de gueule
    et à l’issue de l’échange que j’ai eu avec les autres spectateurs, je ne suis pas la seule à avoir été de cet avis …

    décembre 11, 2012 at 7 h 49 min
  • elise

    et j’oublie une tirade en anglais où il est question de Copé et Le Pen, quel rapport avec l’art tout ça?
    madame orlyn dit avoir voulu désacraliser l’élitisme de l’art , elle a bien réussi à le rendre vulgaire

    décembre 11, 2012 at 7 h 54 min

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