Danse

[Avignon Off] Roser Lopez Espinosa enchante les Hivernales avec « Lowland »

[Avignon Off] Roser Lopez Espinosa enchante les Hivernales avec « Lowland »

15 juillet 2015 | PAR Audrey Chaix

Lowland commence sans musique. Seule en scène, Roser Lopez Espinoza bat gracieusement des bras, telle une mouette. Elle est bientôt rejointe par Guy Nader, qui reproduit ses mouvements, se met au diapason. Lorsque la musique s’en mêle, on se sent happé, hypnotisé par ce rythme implacable, comme le mouvement du pendule d’une horloge. Lowland, c’est une chorégraphie inspirée par la migration des oiseaux, une danse qui se nourrit du sol pour mieux monter vers le ciel et aspirer à la liberté. 50 minutes de perfection chorégraphique. On en redemande. 

[rating=5]

Les tons froids – gris, blanc, bleu – des décors et des costumes de Lowland évoquent les longues plages du nord de l’Europe et leurs grandes envolées de mouettes et de goélands, ces terres basses où se rencontrent la mer, les oiseaux migrateurs et le vent. Sur un plateau dénudé, le travail de la lumière est ici essentiel, créant une atmosphère unique, renforcée par les projections d’oiseaux en vol qui interrompent parfois les danseurs, eux aussi hypnotisés par les battements d’ailes en ombres chinoises.

Dans cet écrin qui évoque une nature calme et apaisée, Roser Lopez Espinosa et Guy Nader se font les interprètes d’un geste chorégraphique aussi précis qu’évocateur. Une très grande harmonie se dégage de l’intensité de leurs mouvements, qui évoquent l’envol et font souffler sur cette pièce un vent rafraichissant de liberté. Les portés, notamment, son magnifiques, tirant partie de la force des corps aussi bien que de la matérialité du tissu des vêtements pour souligner le geste, exploiter la puissance des danseurs aussi bien que leur légèreté.

Et le public ne s’y est pas trompé, lui qui applaudit chaleureusement les deux interprètes à l’issue de la représentation. Car le temps a semblé se suspendre pendant les 50 minutes que dure Lowland, parenthèse enchantée pendant laquelle la poésie des corps est devenue le seul langage valable sur la scène des Hivernales. Un coup de cœur, assurément.

Lowland, de Roser Lopez Espinosa. Interprété par Roser Lopez Espinosa et Guy Nader. Lumière : Katinka Marac. Création musicale : Illa Mayer. Costumes : Lluna Albert. Techniciens son et lumière : Israel Quintero, Joana Serra. Durée : 50 mn. À 15 h 30 aux Hivernales. Jusqu’au 20 juillet.

Crédit photo : © Alfred Mauve

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaixphoto : maxime dufour photographies.

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