Danse

AUTOBIOGRAPHY, l’insipide portrait de Wayne McGregor

AUTOBIOGRAPHY, l’insipide portrait de Wayne McGregor

21 juillet 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Donnée pour la première fois il y deux ans au Sadler’s Well, la pièce du chorégraphe britannique se retrouve au Festival d’Avignon, dans la mythique cour du lycée Saint-Joseph. 

Dans un faux procédé ludique, ultra gadget, les danseurs très jazz évoluent selon un algorithme. « 23 fragments, choisis aléatoirement chaque soir par un algorithme, reproduisent les 23 paires de chromosomes du génome humain », en l’occurrence l’ADN du chorégraphe.  Ça, c’est le principe.

Sur le plateau il ne se passe rien d’autre qu’une recherche esthétique bien trop poussive pour être pertinente. Avant tout, il y a une déception. Sur le papier, on s’attend à un vrai travail aléatoire, hors, visiblement, les danseurs savent exactement quel va être l’ordre de passage. Les changements de costumes et de distributions ne permettent pas un réel hasard.

La troupe de Wayne McGregor que l’on connait bien – on a eu l’occasion de la voir à l’oeuvre dans le très juste Tree of Code – est ici dirigée de façon monocorde. Les mouvements sont toujours les mêmes, ce qui n’est pas en soi un souci, mais dans la mesure où il n’y pas ici de recherche intellectuelle sur le geste, cela glisse dans une proposition lisse. 

L’écriture est à la fois jazz et classique. Les centres de gravité sont souvent bas, comme chez Mats Ek, les dos, les bras et les mains sont lyriques. Les cambrures sont extrêmes et les grands écarts se font à la verticale dans un débordement de l’axe.  Dans le genre, c’est parfait.  

Mais quel est l’intérêt de cet exercice de style ? La pièce indique son objet dans son titre. Un portrait du chorégraphe certes dans lequel on saisit ses origines baroques et sa recherche de virtuosité. On regrette également le « tout » omniprésent : la lumière très chargée est augmentée par la musique de  Jlin qui, tout de même, par endroits se trouve enveloppante dans ses nappes électroniques. Un des tableaux séduit tout de même : « Renetur » qui est un best of de tous les pas de Wayne McGregor dans une diffraction du plateau. Un peu de dissonance, un peu d’émotion, enfin ! Mais cela ne sauve pas l’ensemble d’un geste trop premier degré pour nous attraper.

 

Jusqu’au 23, Cour du lycée Saint-Joseph à 22h00. Durée 1h20

Avec Joshua Barwick, Rebecca Bassett-Graham, Camille Bracher, Jordan James Bridge, Izzac Carroll, Maria Daniela, Benjamin Holloway, Chien-Shun Liao, Jacob O’Connell, Daniela Neugebauer

Visuel : Autobiography – © Andrej Uspenski

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