Danse

Orphée et Eurydice par Marie Chouinard : que d’émotion !

12 mai 2009 | PAR Juliette

marie-chouinard

Quel étrange spectacle! Une chose est sûre : impossible d’y rester indifférent.

D’ailleurs les spectateurs s’en sont bien gardés, affichant des opinions aussi tranchées que sincères. Une partie de la salle est sortie, en pleine représentation ou dès la tombée du rideau, comme exaspérée par cette interprétation très personnelle du mythe bien connu d’Orphée. D’autre n’ont pas hésité à mettre de côté leur timidité pour crier des  » Bravo!  » , mais aussi des  » Extraordinaire!  » avec un enthousiasme saisissant.

Alors qu’en penser? Eh bien, il semble, qu’au milieu de ces tranchées idéologiques, il existe un public qui n’en sait rien. A la sortie du Théâtre de la Ville, une petite dame, visiblement sonnée par sa soirée, confie d’un air coupable :  » Je ne sais pas trop si j’ai aimé…  » puis, après un instant de réflexion :  » Je crois que je n’ai pas tout compris « . Bon résumé.

La performance des quatorze danseurs ne peut qu’être largement saluée. Une rigueur, une justesse, une élégance qui mènent le spectacle avec un professionnalisme qui impose le respect. La mise en scène de Marie Chouinard apparaît plus contestée. Le ton oscille entre humour, érotisme et absurde ; le premier se plaçant en entracte des deux autres.

Ce ballet en un acte, mené par la musique, ô combien contemporaine de Louis Dufort, propose une succession de tableaux utilisant le drame d’Orphée et de sa muse Eurydice pour schématiser le processus de création. Par leur pouce et leur index, les différents protagonistes extirpent leur art du fin fond de leurs entrailles dans une longue plainte animale. Charmant. La chorégraphe canadienne a un jour défini la danse comme un  » art érotique loin de toute bienséance « . Ce spectacle illustre parfaitement ses propos. Les affiches aguicheuses montrant une des danseuses torse nu – elles le sont toutes – avaient mis en garde les âmes sensibles de la sexualité crue de l’œuvre. Prévenu, le public ne semble pas gêné. En revanche, les corps désarticulés et grimaçant dérangent ; parfois trop. Le ballet perd de sa bonne humeur dans des tableaux électriques et assourdissant laissant le spectateur à la porte d’un univers trop particulier.

Avis tranchés ou torturés, mais avis quand même ! Marie Chouinard gagne son pari en faisant réagir le public à ses propres émotions. Alors Flaubert ne disait-il pas :  » La bêtise consiste à vouloir conclure« ? Ne concluons pas ; le débat reste ouvert et vos avis sont les bienvenus.

Juliette Chain

Orphée et Eurydice, sur la musique originale de Louis Dufort. Au théâtre de la Ville (Paris 4e) Métro Châtelet, 01 42 74 22 77. Du 12 au 19 mai, Tarif B : 14, 50 euros TR : 12 euros.

La Cannes à pêche aux Frenchies…
Val se fait hara-kiri !
Juliette

One thought on “Orphée et Eurydice par Marie Chouinard : que d’émotion !”

Commentaire(s)

  • Jolijolo

    Je ne vous connais pas dans la boîte à sorties, mais je vous aime déjà belle normande.

    mai 13, 2009 at 0 h 53 min

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