Danse

<em>Arranged by date</em> Lenio Kaklea s’envole à la Ménagerie de Verre

Arranged by date Lenio Kaklea s’envole à la Ménagerie de Verre

22 novembre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Les Inaccoutumés c’est le nom d’un festival qui se tient chaque année à la Ménagerie de Verre. Inaccoutumés, le nom n’est pas exagéré. Chaque édition permet de pousser plus loin le champ de la performance et de mettre en lumière des artistes encore méconnus du grand public. Hier, Lénio Kaklea a proposé Arranged by date, un spectacle troublant sur la folie ordinaire.

Elle est seule en scène, tellement belle. Elle porte un haut tout en duvet et sur son dos se niche une plume bleue. Elle raconte, en se mouvant doucement, passant du sol à debout, une histoire toute bête de vol de carte de  bleue. Ce petit rien s’enfonce en elle pour devenir un récit fou, une emprise schizophrène. Elle perd pied, s’envole.

Elle danse alors, toujours dans un enchaînement de postures peu confortables et peu esthétiques. Elle ne cherche pas le beau, elle cherche la répétition, la circularité. La lumière de Philippe Gladieux l’enrobe complètement. Il passe du blafard au jour en passant par l’orange et la nuit absolu. L’effet bluffant est celui d’un corps qui se détache, semblant s’envoler.

C’est bien le sujet. Prendre telle quelle l’expression populaire « quitter la terre » et l’incarner. Elle sème le trouble, brouillant les sensations et les perceptions. Elle est très forte la fille. Ses mouvements semblent faciles, ils sont d’une technicité absolument maîtrisée. Elle se joue des codes de l’équilibre, elle repousse les limites du visible en se faisant réellement pousser des ailes.

Elle ne vient pas de nulle part. Elle a déjà travaillé avec Cécilia Bengolea, Vincent Macaigne, Claudia Triozzi… Elle remercie Joris Lacoste, le créateur de L’Encyclopédie de la Parole. Il y a de cela dans Arranged by Date. Comment un propos issu d’un absolu quotidien influe sur le corps. Comment le flot de la voix devient musique, rythme et entêtement.

Le final du spectacle est saisissant, étouffant en même temps que séduisant, il faut juste accepter de jouer le jeu, mais là, on ne vous en dira pas plus.

Visuel : Affiche du festival-Les Chiens de Navarre (c) DR

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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