Danse

À Micadanses, le festival Bien fait ! Accro à la partition

À Micadanses, le festival Bien fait ! Accro à la partition

24 septembre 2019 | PAR Antoine Couder

La musique écrite et déconstruite, vecteur et imaginaire du corps inspirent les chorégraphes Nina Vallon et Mié Coquempot pour une création et une avant-première.

Extrait de vie. Le studio est plein à craquer et semble défier les règles élémentaires de sécurité. Le spectacle commence en retard. Pas vraiment l’esprit de la maison mais l’organisation d’un festival n’est pas chose aisée et il y a plus important. Il y a cette « Offrande » dont le festival offre ce soir l’avant-première d’une pièce réalisée par la Franco-Japonaise Mié Coquempot . Âgée de 48 ans (elle fête aujourd’hui son anniversaire semble-t-il), la chorégraphe suit  le spectacle à distance, en streaming. Cette première pièce devrait être complété par des créations de Bruno Bouché et Béatrice Massin d’ici à 2020. Il s’agit donc d’un extrait, un concentré en quelque sorte, qui va clôturer la soirée avec une autre Offrande, musicale cette fois : une petite mélodie pour flûte de Jean Sebastien Bach (BWV 1747) retranscrite ici pour clavecin. 

Absence mouvement. D’abord en ligne sur un plan vertical, les six danseurs se déplacent désynchronisés mais mystérieusement liés, s’arrêtant parfois paumes des mains ouvertes vers le public, tendres sourires esquissés. Ils sont tous les fragments d’une chaîne divine presque auto-organisée qui guide leur plongée vers l’autre, les subtiles variations qui les font graviter dans un univers où l’infini se lit de près, tant le jeu des alternances de la fugue se noue au plus près des corps. Parfois on se touche, parfois plus rien. L’absence est au cœur d’un mouvement qui vient d’ailleurs, même lorsque la musique brutalement se tait. D’un coup on comprend à qui cette offrande est destinée :  au public tout près, à tous les spectateurs engagés dans ce ballet à la fois simple et cruel.

Classique ? Un peu plus tôt dans la soirée, avec Score#1 Récital, Nina Vallon et Aurélien Richard ont traversé ensemble les douze notations pour piano de Pierre Boulez (1945). Au clavier, le premier traque son propre ressenti dans une écriture stricte et exigeante, faussement désordonnée tandis que la seconde dit vouloir «marcher sur le phrasé», entrer à l’intérieur de l’œuvre avec des lunettes 3D. Les deux se répondent ainsi, élégants et perpendiculaires, Nina cherchant sa danse en silence, la musique sans doute dans la tête, la musique qui anime un corps qui pense,  jamais trop loin néanmoins de cette fameuse partition. Accro ? Oui, un peu puisque jamais le corps ne fait autre chose que tenter de suivre la musique, la chorégraphie étant entièrement construite sur l’analyse musicale, redisant au passage et en dépit des apparences tout ce que le classicisme peut structurer. Du travail, encore du travail ! Vrais et faux chemins de création, jusqu’à l’extase finale et la transcription beethovénienne de la Chaconne pour violon seul que Johannes Brahms adaptait de Bach en 1877. 

Au final, et parce que ces deux pièces donnent l’impression d’avoir fait entrer un peu de folie performative dans le répertoire classique, on se met à rêver à la Monte Young et son Well tuned piano (1964) dont on aimerait offrir ici un extrait à Mié Coquempot.

Visuel : @Charlène Yves

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Antoine Couder
Antoine Couder est journaliste. Il est l’auteur de « Fantômes de la renommée (Ghosts of Fame) », sélectionnée pour le prix de la Brasserie Barbès 2018. Son travail explore le lien narratif entre document et fiction et plus particulièrement le thème de la musique, entendue au sens de l’écoute et de l’inspiration qu’elle procure. Il prépare actuellement une biographie de Jacques Higelin (Castor Astral, 2020)

2 thoughts on “À Micadanses, le festival Bien fait ! Accro à la partition”

Commentaire(s)

  • castan

    c’est quoi cet article – gossip de merde ? Déjà renseignez vous mieux sur les âges des chorégraphes dont par ailleurs on se fout , et surtout faites votre travail de journaliste ou peut être et c’est surement le mieux tenez vous en à parler de vous et de musique !

    septembre 26, 2019 at 15 h 13 min
  • Hector

    Ferme là. Juste ferme là.

    octobre 7, 2019 at 22 h 52 min

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