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Cyril Teste, Pour rire pour passer le temps, pièce satellite

Cyril Teste, Pour rire pour passer le temps, pièce satellite

03 avril 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le collectif MxM dirigé par le metteur en scène Cyril Teste débarque une nouvelle fois. Après le lumineux Sun, le robotique Reset, il tente une expérience théâtrale, un « satellite » à surveiller. Définitivement, le type de recherche ayant totalement sa place dans la programmation de l’Etrange Cargo, dans le cadre duquel se déroulait hier soir la première. 

Pour rire pour passer le temps est une pièce sur la violence qui vient, de trois façon différente, nous dire qu’elle ne peut être que gratuite et stupide. Le propos est net et le processus de récit l’est tout autant.

Nous avons sur le plateau deux comédiens à la voix amplifiée pour apporter un peu d’irréalité. Deux écrans se font face, ils vont délivrer un texte où aucun nom ne sera donné. Juste des phrases hâtives  souvent brèves comme « Frappe on te dit, ça nous fait plaisir ». Ils pourront s’éteindre pour laisser place, acteur au sol, à une interprétation de la scène avant de la mettre une nouvelle fois,  à distance.

Le ton des comédiens est froid tout comme le plateau à tendance vide et à la lumière sombre. Leur ton est parfois ironique, toujours dans cette idée de décaler le mal. Cyril Teste continue ici sa poursuite de l’humain, après l’enfance chaleureuse de Sun, il nous glace ici, tout en changeant son esthétique. La vidéo tend à disparaitre même si elle sera, dans sa dénonciation, la seule façon de réaliser les mots, seule façon de dire que non, tout cela n’est pas qu’une joute verbale.

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Ne mentons pas, Pour rire pour passer le temps est plein d’imperfections. Il n’a pas la force nécessaire à dénoncer son propre propos et finalement, mais peut-être est-ce l’idée de ce spectacle, on s’ennuie face à cette baston sans sens.

N’est-ce pas cela la vraie violence ? Rester de marbre face au pire ? Alors, on se révise  Pour rire pour passer le temps se prend au ralenti comme une baffe que l’on mate au cinéma,  la rougeur ne vient qu’après.

 Visuel (c) Collectif MXM

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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