Comédie musicale
Mahabharata quand le costume fait le moine

Mahabharata quand le costume fait le moine

12 février 2013 | PAR Sandra Bernard

Cette semaine, la capitale a la chance d’accueillir simultanément deux pièces inspirées du Kabuki. La première Jiuta, dont nous avons déjà vanté les nombreux mérites, nous présente un art sublimé, la seconde, Mahabharata est une pièce très vivante mêlant subtilement tradition et modernité et où le costume tient une place primordiale.

Nala et le dieu serpent - photographie extraite du site zamanproduction.com

Arrivé au Japon à l’ère Heian (IXème – XIIème siècles) à l’époque où la cour impériale puissante et très ouverte entretenait de nombreuses relations avec le continent, le Mahabharata s’est tout simplement assimilé à la culture japonaise.

Le metteur en scène, Satoshi Miyagi a souhaité rappeler cette période lointaine, via les costumes. Contrairement aux anciens costumes très colorés, ceux-ci sont entièrement blancs, couleur sacrée incarnant la pureté.

Kouchiki extrait du site junihitoe.net
sokutai extrait du site junihitoe.net

Le plus incroyable, c’est que ces costumes sont, pour la plupart et comme l’exige la tradition du Kabuki, faits de papier. Pliés, cousus, superposés, découpés ou ébouriffés, leur rôle est primordial dans la compréhension de l’œuvre. Extrêmement travaillés, ils ont une grande force expressive au sens où, simplement en les voyant, l’on comprend qui est le personnage ou sa fonction (dieu, roi, animal, …).

Lors de la déchéance du couple royal, il ne leur reste plus rien que leurs vêtements les plus simples. Et lors de leur séparation, n’est-ce pas une manche du kimono de son épouse que le prince Nala emporte avec lui et conserve toutes ces années. Ce morceau d’étoffe, symbole de son amour perdu, est également un signe de reconnaissance pour certains personnages.

Véritable éblouissement, ils méritent à eux seuls le déplacement, en particulier ceux des dieux des éléments.  D’une très bonne tenue mais fluides et détaillés, ils se prêtent particulièrement bien à cette mise en scène.

Le seul personnage coloré (souillé?) est le vilain Kali, démon par qui le malheur arrive.

Le papier constitue également l’ensemble des accessoires, qu’il s’agisse d’origamis complexes ou de dés, le papier, blanc comme il se doit, est omniprésent. L’on a l’impression de voir s’animer des marionnettes ou des personnages d’estampes anciennes.

Visuels : © Takuma Uchida et musée du quai Branly

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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